Apple pensait peut-être pouvoir refermer un long chapitre de son conflit avec Bruxelles. La Commission européenne accueille favorablement la nouvelle grille tarifaire de l’App Store annoncée cette semaine, destinée à mieux respecter le Digital Markets Act (DMA). Mais Epic Games est loin de partager cet enthousiasme et estime que les commissions maintenues par Apple continuent d’entraver la concurrence.
BRUXELLES ACCUEILLE FAVORABLEMENT LES CHANGEMENTS D’APPLE
Après plusieurs années de tensions autour de l’App Store, Apple a annoncé une nouvelle série de mesures concernant les développeurs européens. Elles entreront en vigueur le 1er octobre 2026 et simplifient notamment les frais appliqués aux applications utilisant des moyens de paiement ou des boutiques alternatives. Apple expliquait avoir travaillé en étroite collaboration avec la Commission européenne afin de mettre un terme à leurs désaccords sur les conditions commerciales de l’App Store et la distribution en dehors de celui-ci.
Mais la Commission a accueilli favorablement les nouvelles conditions proposées par Apple, qui font suite aux échanges engagés après sa décision de non-conformité d’avril 2025 concernant notamment les possibilités offertes aux développeurs pour orienter leurs clients vers d’autres moyens de paiement.
Pour autant, le dossier n’est pas complètement clos. Bruxelles précise qu’elle surveillera la mise en œuvre effective de ces nouvelles règles, le DMA devant garantir aux utilisateurs européens un véritable choix en matière de distribution des applications.
DES COMMISSIONS REVUES À LA BAISSE
Apple abandonne notamment sa très controversée Core Technology Fee, qui reposait sur le nombre d’installations, au profit d’une Core Technology Commissionde 5 % appliquée aux transactions numériques réalisées dans les applications distribuées via une boutique alternative ou directement sur le web.
Pour les applications distribuées sur l’App Store mais utilisant un système de paiement alternatif, la commission pourra atteindre 20 %. Lorsqu’un développeur renvoie l’utilisateur vers son site internet pour finaliser une transaction, elle sera de 15 %.
Des tarifs réduits sont prévus pour certains développeurs participant notamment au Small Business Program, au Video Partner Program ou au Mini Apps Partner Program. Des changements suffisamment importants pour satisfaire, au moins à ce stade, la Commission européenne. Mais pas Epic Games.
EPIC GAMES REPART À L’ATTAQUE
L’éditeur de Fortnite, qui s’oppose à Apple depuis maintenant plusieurs années sur les règles de l’App Store, qualifie ces nouvelles commissions de junk fees, des frais qu’il juge injustifiés. Epic conteste en particulier le système de trois commissions de 20 %, 15 % et 5 % et estime qu’elles empêchent toujours les développeurs de profiter pleinement de systèmes de paiement et de boutiques concurrents.
Pour l’entreprise, Apple ne respecterait donc toujours pas l’esprit du DMA. Epic va même plus loin en affirmant que si Bruxelles considère ces nouvelles règles comme suffisantes et abandonne ses procédures, le règlement européen perdrait une grande partie de son efficacité. Le CEO ne cache pas son mécontentement sur X, multipliant les posts et dénonçant même des fake news ou une collusion frauduleuse.
La société est directement concernée. Pour les achats numériques réalisés dans une application distribuée par l’Epic Games Store sur iPhone ou iPad en Europe, Apple pourrait ainsi prélever 5 %, car Epic ne bénéficie pas des tarifs préférentiels accordés aux plus petits acteurs.
Qu’en penser ?
Apple semble avoir obtenu un premier feu vert important de Bruxelles, mais cela ne signifie pas que le feuilleton européen de l’App Store soit terminé. La Commission va désormais vérifier concrètement comment ces nouvelles règles sont appliquées à partir du 1er octobre. Epic Games, de son côté, ne compte manifestement pas abandonner le combat. Après des années de procédures contre Apple, le montant des commissions reste plus que jamais au cœur du conflit.