La messagerie a disparu du magasin d'applications dans le monde entier lundi soir, avant de réapparaître quelques heures plus tard. Apple a fini par s'exprimer et invoque des contenus illégaux mettant en scène des enfants, repérés dans l'application. Un précédent retrait en 2018 s'était déroulé lui dans un silence total, il avait fallu la fuite d'un e-mail interne pour comprendre.
Quelques heures d'absence, partout à la fois
La disparition a été repérée aux alentours de 21h30 heure de New York, lundi soir, et confirmée dans la foulée aux États-Unis, en Inde, en Australie et en France bien sûr. Impossible de télécharger l'application ou de la réinstaller pendant ce laps de temps.
Ceux qui l'avaient déjà sur leur iPhone n'ont rien vu passer. Un retrait de l'App Storecoupe la distribution, pas les installations existantes, et Telegram a continué de fonctionner normalement sur les appareils où elle était présente. La fiche est revenue en ligne peu après, sans annonce particulière.
Ce qu'Apple a fini par expliquer
Le silence n'aura pas duré bien longtemps. Apple a déclaré à plusieurs médias avoir retiré l'application après avoir trouvé des contenus enfreignant ses règles sur les contenus, avec du contenu illégal mettant en scène des enfants. La marque précise que la fiche a été rétablie une fois que Telegram avait supprimé le contenu en question et banni le compte qui l'avait publié.
Rien d'autre n'a filtré, ni sur le volume concerné ni sur la façon dont la détection a eu lieu. Telegram n'a pas commenté au-delà de la confirmation de son retour dans le magasin.
En 2018, il avait fallu une fuite pour comprendre
Le précédent mérite d'être rappelé. Début 2018, Apple avait retiré Telegram et Telegram X de l'App Store, mondialement, sans le moindre mot d'explication. Pavel Durov s'était contenté d'évoquer un contenu inapproprié rendu disponible aux utilisateurs, et les deux applications étaient revenues le 2 février.
La véritable raison n'est sortie que par un e-mail interne de Phil Schiller, publié par la presse spécialisée. L'équipe de revue avait été alertée de contenus problématiques circulant dans l'application, les avait vérifiés, avait prévenu le National Center for Missing and Exploited Children, puis retiré les deux apps le jour même. Telegram avait banni les comptes et ajouté des contrôles pour revenir en vingt-quatre heures.
On en dit quoi ?
Le progrès est réel, même s'il paraît modeste. Apple a mis quelques heures à confirmer ce qui s'était passé, là où il avait fallu attendre une fuite pour reconstituer l'affaire de 2018. Reste que la mécanique interroge : une application utilisée par des centaines de millions de personnes peut sortir du magasin sans que personne ne soit prévenu, puis y revenir tout aussi discrètement. La modération d'une messagerie chiffrée est un problème sans solution simple, et faire porter l'arbitrage par le magasin d'applications reste une manière assez rustique de le traiter.