La pénurie mondiale de mémoire vive coince Apple au point de lorgner vers des fournisseurs chinois jusqu'ici infréquentables. Selon plusieurs fuites, Donald Trump s'apprêterait à autoriser la marque à acheter de la RAM chez CXMT pour ses iPhone, au grand dam d'un Congrès qui y voit un risque pour la sécurité nationale.
Plus assez de RAM pour tout le monde
Le nerf de la guerre, en ce moment, c'est la mémoire. La déferlante de l'intelligence artificielle a fait exploser la demande de puces mémoire au point que les capacités de Samsung, SK Hynix et Micron sont déjà réservées pour un bon moment, et les prix de la RAM ont carrément quadruplé sur le marché. Tim Cook avait lui-même prévenu lors des derniers résultats qu'Apple dépensait plus que jamais pour ces composants, et que la facture risquait de grimper encore. Quand les trois géants du secteur ne suffisent plus à alimenter la planète, même une entreprise aussi puissante que la firme de Cupertino se retrouve à chercher de la mémoire là où elle peut.
Apple lorgne vers les fondeurs chinois
Apple aurait déjà mis à l'essai les composants de CXMT sur ses appareils, une manière de prendre les devants avant même d'avoir le moindre feu vert. D'après le compte Weibo Mobile Chip Expert, relayé par Wccftech, Donald Trump aurait justement tranché en faveur de la marque, en l'autorisant à s'approvisionner chez CXMT pour produire ses iPhone, du moins ceux vendus en Chine. L'annonce officielle tomberait en septembre, à l'occasion du sommet entre Trump et Xi Jinping, ce dernier étant attendu à la Maison-Blanche le 24 septembre. Reste que rien n'est signé, et que la forme exacte de cette bénédiction est encore franchement floue.
Washington grince des dents
Le hic, c'est que tout le monde à Washington ne voit pas ça d'un bon oeil, loin de là. Au Congrès, plusieurs élus sont franchement remontés contre l'idée de laisser un fleuron américain acheter ses puces chez le grand rival géostratégique, brandissant le fameux argument de la sécurité nationale. Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a lui aussi invité Apple à ne surtout pas céder à la solution chinoise. Sauf que Donald Trump n'en est pas à son premier passage en force sur ce genre de dossier, puisqu'il avait déjà autorisé l'exportation des puissants GPU H200 de Nvidia vers la Chine, au mépris des mêmes réticences.
On en dit quoi ?
Voir Apple, symbole de la tech américaine, quémander de la mémoire chinoise pour ne pas manquer de RAM, ça a quelque chose de vertigineux. C'est toute la folie du moment que résume cette affaire, avec une IA qui aspire tous les composants de la planète et un président qui pourrait vendre l'ouverture à Pékin comme un trophée diplomatique. On reste quand même sur des fuites, et le camp officiel américain répète pour l'instant l'inverse, alors mieux vaut attendre septembre avant de crier au retournement de veste.