Actualité

Mac

Intel perd 45 % en Bourse en un mois malgré des ventes en forte hausse

Par Vincent Lautier - Publié le

L'action Intel a terminé la semaine à 65,76 dollars, après avoir perdu près de la moitié de sa valeur en un mois. Le paradoxe est complet, puisque le fondeur a publié jeudi soir des comptes trimestriels en nette progression. Ce sont les prévisions pour la fin d'année, et une pénurie mondiale de mémoire, qui ont déclenché la panique chez les investisseurs.

Intel perd 45 % en Bourse en un mois malgré des ventes en forte hausse


De très bons comptes



Sur le trimestre clos le 26 septembre, Intel a encaissé 16,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires, en hausse de 21 % sur un an, avec un bénéfice ajusté de 0,52 dollar par action, plus du double de l'an dernier. Ce bénéfice dit ajusté écarte les charges exceptionnelles comme les restructurations, et le résultat net comptable, celui qui intègre toutes les dépenses, recule lui de 18 %. La croissance ne vient pas de partout : les ventes de processeurs pour PC baissent de 5 %, alors que les puces pour serveurs, portées par la demande en intelligence artificielle, bondissent de 78 %.

Intel perd 45 % en Bourse en un mois malgré des ventes en forte hausse


Des prévisions décevantes



Un cours de Bourse ne récompense pas le trimestre écoulé, il parie sur les suivants. Et là, Intel a douché tout le monde en annonçant pour la fin d'année un chiffre d'affaires de 15 à 16 milliards de dollars et un bénéfice ajusté ramené à 0,25 dollar par action, moitié moins, sous les attentes des analystes. Son patron Lip-Bu Tan prévoit même un marché du PC en recul de 12 % en 2027. Le titre a perdu environ un quart de sa valeur au lendemain de la publication, et la glissade a continué jusqu'à la clôture de vendredi. Sur le seul mois d'octobre, la baisse atteint 45,30 %, soit 54,47 dollars effacés par action, et les échanges d'après Bourse, une fois Wall Street fermée, ont encore retiré 1,32 %, à 64,89 dollars.

Intel perd 45 % en Bourse en un mois malgré des ventes en forte hausse


C'est la mémoire qui coince



Le problème derrière ces prévisions est très concret. Les fabricants de mémoire réservent leurs usines aux puces destinées aux serveurs d'intelligence artificielle, vendues bien plus cher, et il reste moins de mémoire vive classique pour les ordinateurs. Les prix de la RAM s'envolent, les fabricants de PC lèvent le pied sur leurs commandes, et Lip-Bu Tan décrit une crise de la mémoire sans précédent. Intel ne voit pas d'amélioration avant 2028, et SK Hynix évoque 2030. Les Wildcat Lake, les processeurs d'Intel pour portables abordables, sont du coup en rupture malgré des expéditions en hausse de 70 % en un trimestre, parce que les constructeurs se rabattent sur les composants les moins chers pour contenir les prix des machines.

On en dit quoi ?



Le marché peut sembler ingrat avec une entreprise qui aligne un trimestre pareil, mais son raisonnement se comprend, puisque l'avenir immédiat d'Intel s'annonce compliqué sur son métier historique, le PC. Le plus étonnant reste quand même que le problème ne vienne pas des puces d'Intel, qui se vendent bien, mais de la mémoire qui les accompagne. Pour nous, la conséquence sera très concrète : des ordinateurs portables plus chers dans les mois qui viennent, et une situation qui ne devrait pas se détendre avant 2028 au mieux.