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Le Parlement européen coupe l'IA sur les tablettes de ses eurodéputés

Par Vincent Lautier - Publié le

Le Parlement européen a désactivé les fonctions d'intelligence artificielle sur les tablettes et téléphones de ses eurodéputés. Aide à la rédaction, résumé de texte, assistant virtuel : tout a été coupé. Le service informatique de l'institution estime ne pas pouvoir garantir la sécurité des données traitées par ces outils, et recommande la prudence y compris sur les appareils personnels.

Le Parlement européen coupe l'IA sur les tablettes de ses eurodéputés


Des assistants IA coupés net



C'est un e-mail interne, repéré par Politico, qui a rendu la décision publique. Les fonctions d'IA intégrées aux tablettes et téléphones des eurodéputés et de leur personnel ont été désactivées : aide à la rédaction, résumé de texte, assistant virtuel et synthèse de pages web. Les applications classiques (mails, agenda, documents) restent en place, mais l'institution prévient que certaines embarquent elles aussi des fonctions d'IA.

Le cloud, toujours le cloud



L'équipe cybersécurité du Parlement a constaté que certaines de ces fonctions passent par des services cloud pour des tâches qui pourraient tourner en local. Des données quittent donc l'appareil sans contrôle réel. Le service informatique reconnaît ne pas pouvoir garantir la sécurité des informations traitées, et une évaluation est en cours pour mesurer l'étendue des données partagées avec les fournisseurs. Les fonctions ne seront réactivées qu'une fois cette analyse terminée.

Le Parlement européen coupe l'IA sur les tablettes de ses eurodéputés


Le Cloud Act en arrière-plan



L'Europe remet de plus en plus en question sa dépendance aux plateformes américaines, et le Cloud Act, qui permet aux autorités US d'accéder aux données hébergées par des entreprises américaines (oui, même quand les serveurs sont en Europe), est toujours un sujet très brûlant. Microsoft a aussi reconnu ne pas pouvoir garantir la protection des données européennes face aux demandes de Washington. Le Parlement recommande aux élus de vérifier les réglages IA sur leurs appareils personnels, de couper ce qui n'est pas utile et de limiter les permissions au strict minimum.

Le Parlement européen coupe l'IA sur les tablettes de ses eurodéputés


On en dit quoi ?



Franchement on ne peut pas légiférer sur la protection des données et laisser des outils cloud aspirer des documents parlementaires. Tant que personne ne sait ce que ces fonctions font des données qu'elles traitent, couper le robinet reste la solution la plus sage (et la plus européenne, on va dire).