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Mais pourquoi les salariés de LeBonCoin sont en grève ?

Par Vincent Lautier - Publié le

Les salariés de Leboncoin se sont mis en grève pour la première fois de l'histoire de l'entreprise. L'intersyndicale CFDT, CGT et Solidaires Informatique dénonce une dégradation des conditions de travail, une réduction du télétravail et des salaires qui ne suivent plus l'inflation. En toile de fond, le rachat par Blackstone et Permira en 2024.

Mais pourquoi les salariés de LeBonCoin sont en grève ?


Trois jours au bureau à partir de juillet



L'annonce est passée pendant les vacances d'été, et ça n'a pas franchement plu. À partir de juillet 2026, les salariés de Leboncoin devront venir trois jours par semaine au bureau, contre deux jusqu'à présent. Pour certains, ça veut par exemple dire un abonnement TGV à 700 euros par mois, remboursé à seulement 50 % par l'employeur.

L'intersyndicale CFDT, CGT et Solidaires Informatique a donc appelé à la grève, et environ une centaine de salariés ont répondu présent. Sur les 1 500 que compte l'entreprise en France, c'est une première.

Mais pourquoi les salariés de LeBonCoin sont en grève ?


550 millions de chiffre d'affaires et des salariés en souffrance



Les syndicats pointent des risques psychosociaux élevés sur l'ensemble des sites de l'entreprise. Des postes sont supprimés sans être remplacés, les objectifs de performance sont jugés irréalistes, et les salariés décrivent une pression constante qui pèse sur leur quotidien.

L'intersyndicale réclame une augmentation de 15 % pour compenser quatre ans d'inflation, et la réouverture de négociations sur la prévention des risques. Le chiffre d'affaires de Leboncoin est estimé à 550 millions d'euros, avec une marge nette de 10 à 15 %.

Mais pourquoi les salariés de LeBonCoin sont en grève ?


Blackstone et Permira en arrière-plan



En mai 2024, les fonds américain Blackstone et britannique Permira ont racheté Adevinta, la maison mère norvégienne de Leboncoin. Les salariés soupçonnent une logique de rentabilisation maximale avant une revente d'ici deux à trois ans, ce qui expliquerait les coupes et les économies en série. Certains employés pensent que la direction cherche à pousser les gens vers la sortie sans passer par un plan social.

On en dit quoi ?



Cette entreprise a longtemps cultivé une image de boîte tech décontractée, et visiblement l'arrivée de fonds d'investissement anglo-saxons a quelque peu changé la donne. Réduire le télétravail pour des salariés qui ont organisé toute leur vie autour, ça ne passe pas, et on les comprend un peu. Avec Blackstone et Permira aux commandes, on a quand même l'impression que Leboncoin est effectivement devenu un actif à engraisser avant d'être revendu, et ça, les salariés l'ont probablement bien compris.