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Shein de nouveau épinglé en France : 22,4 millions d'euros d'amende, et ça n'est pas fini

Par Vincent Lautier - Publié le

La Répression des fraudes vient d'infliger à Shein une amende de 22,4 millions d'euros pour manquements à l'information des consommateurs. La plateforme chinoise de mode à très bas prix conteste fermement et parle d'une sanction disproportionnée. Le gouvernement, lui, prévient qu'il ne lâchera pas les géants du e-commerce à bas coût.

Shein de nouveau épinglé en France : 22,4 millions d'euros d'amende, et ça n'est pas fini


Deux entités du groupe, deux amendes



La sanction tombée ce mercredi 3 juin vise en réalité deux sociétés du groupe. ISSL, qui gère le site, écope de 16,7 millions d'euros, pendant qu'ISEL, chargée de la vente des produits Shein, prend 5,7 millions. Pour la première, la DGCCRF (la Répression des fraudes, le gendarme français de la consommation) reproche l'absence d'informations clés dans les mails de confirmation de commande, comme le nom du vendeur, le prix ou les délais de livraison. Pour la seconde, c'est la politique de retour qui coince, avec une distinction jugée trop floue entre les 15 jours de rétractation légale et les 45 jours commerciaux qui ne couvrent pas tous les produits. S'y ajoute l'absence temporaire de la fiche sur l'impact environnemental des articles.

Shein de nouveau épinglé en France : 22,4 millions d'euros d'amende, et ça n'est pas fini


Shein dénonce une sanction disproportionnée



De son côté, Shein ne décolère pas. Le groupe assure que toutes ces informations restaient accessibles depuis le compte client, et que la pratique visée a été corrigée l'an dernier. Un porte-parole va plus loin, accusant l'autorité d'avoir attendu plus d'un an, tout en connaissant ses e-mails, pour frapper le plus fort possible. La plateforme dénonce une sanction manifestement disproportionnée et discriminatoire, bâtie selon elle sur des points purement techniques, sans impact réel pour le client et déjà rectifiés. Bref, la défense assez classique de l'entreprise qui estime payer pour l'exemple.

Shein de nouveau épinglé en France : 22,4 millions d'euros d'amende, et ça n'est pas fini


La France serre la vis aux plateformes chinoises



Le contexte, lui, est tout sauf anodin. Shein enchaîne les ennuis dans l'Hexagone depuis l'affaire des poupées d'enfants pour adultes, repérées sur sa marketplace fin 2025. En juillet dernier, la plateforme avait déjà réglé 40 millions d'euros à la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses. Et la semaine passée, c'est son rival chinois Temu qui a pris 200 millions d'euros d'amende, du côté de la Commission européenne cette fois, pour ne pas avoir assez bloqué la vente de produits illégaux. Le ministre du Commerce Serge Papin résume la ligne du gouvernement, qui ne vise pas des erreurs isolées mais un modèle entier, celui de plateformes qui font l'impasse sur la conformité quand les commerçants français, eux, s'y plient.

On en dit quoi ?



Sur le fond, l'État a clairement décidé de faire de Shein un cas d'école. Et 22,4 millions, pour un groupe qui pèse des milliards, ça ressemble davantage à une piqûre de rappel qu'à une vraie saignée. Le plus intéressant, c'est la méthode assumée, sanctionner un modèle plutôt que de simples bugs techniques, histoire de pousser ces plateformes à s'aligner ou à plier bagage. Shein, de son côté, va sans doute payer en serrant les dents tout en continuant à grignoter le marché français. Alors, ces amendes à répétition finiront-elles par changer quelque chose, ou deviendront-elles juste une ligne de plus dans les frais de fonctionnement ?