C'est la fin d'un pionnier du e-commerce français. Rakuten France, que beaucoup ont connu sous le nom de PriceMinister, a cessé son activité aujourd'hui, sans avoir trouvé de repreneur. Les comptes restent accessibles quelques semaines encore, le temps pour des millions de clients de récupérer leurs factures et leur argent. Après, tout sera effacé.
La fin de PriceMinister
L'histoire avait pourtant bien commencé. Lancé en 2000, PriceMinister s'était imposé comme le grand site français de l'achat-vente entre particuliers, au point d'être racheté en 2010 par le géant japonais Rakuten, qui a fini par effacer la marque d'origine en 2018. Sauf que la suite a été beaucoup moins glorieuse : en dix ans, la plateforme a perdu 33 % de ses clients et 42 % de son trafic, laminée par Amazon d'un côté et par les plateformes asiatiques à prix cassés de l'autre. La fermeture concerne environ 180 salariés en France et plus de 2 500 vendeurs professionnels, et le groupe ferme d'ailleurs sa marketplace espagnole dans la foulée, puisqu'elle était construite sur la même structure technique.
Mais pourquoi aucun repreneur ?
Ce n'est pas faute d'avoir cherché. Rakuten épluchait les dossiers depuis le printemps, et deux offres sont arrivées sur la table, dont une de Pixmania, soutenue par Xavier Niel, qui promettait de sauver plusieurs dizaines d'emplois et de préserver 400 millions d'euros de volume d'affaires. La direction et le CSE ont jugé le projet trop risqué et financièrement fragile, ce que Pixmania conteste en dénonçant un processus biaisé. L'autre candidat, un fonds étranger, a été écarté lui aussi, et la fermeture pure et simple l'a donc emporté.
Ce qu'il vous reste à faire
Le site reste consultable, mais plus aucune commande ne passe. Vous avez jusqu'au 10 novembre pour vous connecter une dernière fois, télécharger vos factures et votre historique de commandes, et demander le reversement de votre porte-monnaie électronique si vous êtes vendeur. Passé cette date, l'accès aux comptes sera coupé pour de bon. Le programme de fidélité Club R s'est déjà arrêté cet été, et les points qui n'avaient pas été dépensés avant la fermeture sont perdus. Bonne nouvelle quand même : les réclamations sur les anciennes commandes continueront d'être traitées, et Kobo, Rakuten TV ou Viber poursuivent leur route en France.
On en dit quoi ?
C'est quand même toute une époque qui s'en va. PriceMinister, c'était le réflexe de toute une génération pour revendre ses CD, ses DVD et ses jeux, bien avant que Vinted ou Leboncoin ne s'installent dans nos téléphones. On peut comprendre que personne ne veuille s'épuiser face à Amazon et aux sites asiatiques qui vendent des gadgets à trois euros, mais une alternative française de moins, c'est quand même un peu triste.