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Rakuten France cherche un repreneur, sinon ce sera la fermeture

Par Vincent Lautier - Publié le

C'est une mauvaise nouvelle pour les nostalgiques de PriceMinister. Le pionnier du e-commerce français, devenu Rakuten France en 2010, cherche un repreneur pour son activité de marketplace et envisage la fermeture pure et simple si aucun candidat sérieux ne se présente d'ici quelques semaines. 180 salariés sont concernés et la décision tombera au plus tard au troisième trimestre.

Rakuten France cherche un repreneur, sinon ce sera la fermeture


10 ans de déclin



Le constat est lourd et il vient de la direction elle-même. En dix ans, Rakuten France a perdu 33% de ses clients et 42% de son trafic, malgré les investissements continus du groupe japonais pour moderniser la plateforme et y intégrer des fonctions d'intelligence artificielle. L'entreprise parle d'un marché en rapide mutation pour expliquer son recul, ce qui est une manière polie de dire qu'Amazon, Cdiscount et Fnac n'ont pas laissé beaucoup d'espace aux acteurs intermédiaires.

Rakuten France cherche un repreneur, sinon ce sera la fermeture


Le calendrier d'un possible adieu



La direction a présenté le projet aux représentants du personnel le 7 avril dernier, avant de confirmer l'information à l'AFP en début de semaine. La banque d'investissement Carlsquare a été mandatée pour piloter la cession et aurait déjà reçu plusieurs marques d'intérêt. Si aucun acquéreur ne se positionne sérieusement, la fermeture interviendrait dès le troisième trimestre. Les 180 salariés concernés attendent désormais que les choses se dessinent.

Du rachat à 200 millions d'euros à la sortie de scène



Rakuten avait racheté PriceMinister en 2010 pour 200 millions d'euros, alors que le site français était un poids lourd reconnu de la vente en ligne. Le groupe japonais, fondé en 1997, emploie aujourd'hui plus de 25 000 personnes dans 30 pays pour un chiffre d'affaires qui dépasse 11 milliards d'euros. Mais sa filiale française n'a pas réussi à tenir le rythme face aux mastodontes américains et aux acteurs locaux mieux installés sur la logistique et la fidélité.

On en dit quoi ?



PriceMinister, c'était l'un des premiers sites où l'on pouvait acheter ses livres et ses jeux vidéo d'occasion sans passer par eBay ou un revendeur du coin, et beaucoup d'entre nous y ont écoulé leur vieille collection de DVD. Ce qui marque dans cette histoire, c'est surtout la difficulté française à faire émerger un champion du e-commerce qui tienne sur la durée. Entre les marketplaces qui ferment et les enseignes physiques qui galèrent, on commence à se demander qui pourra encore concurencer Amazon dans les années à venir.