L’Union européenne affûte ses armes face à l’escalade tarifaire imposée par Washington. Si un sursis de 90 jours a été décrété par Donald Trump sur les droits de douane visant la plupart des pays, les états membres sont plutôt méfiants. Ce dimanche 13 avril, le ministre de l’Économie et des Finances Éric Lombard a confirmé que les services numériques américains pourraient être directement visés par la riposte européenne.
Parmi les mesures à l’étude figure une option qui pourrait toucher des millions de Français, et qui a déjà fait parler d'elle ces derniers jours : taxer les services comme Netflix, Google ou Amazon Prime Video. En effet, c’est tout à fait possible, a reconnu le ministre, avant de rappeler qu’un droit de douane, quels que soient les secteurs ciblés, augmente les prix des biens et services.
Pour les consommateurs français, cela pourrait se traduire très concrètement par quelques euros de plus chaque mois sur la facture -déjà chère- de leur prestataire de service, dans un contexte où les hausses de tarifs sont déjà régulières.
Pour l’heure, l’Union européenne profite du sursis temporaire de 90 jours accordé par Donald Trump pour finaliser sa stratégie. Mais ce gel tarifaire ne s’applique pas à la Chine, dont les produits restent lourdement taxés. Du côté européen, la mesure américaine de 10 % sur les importations est jugée excessive. Ce sont 50 milliards de droits de douane pour les Américains. On a l’impression d’être tirés d’affaire, mais pas du tout, a insisté Eric Lombard.
L’UE veut cibler les bons leviers, sans pénaliser directement les filières européennes ou les consommateurs. Les géants de la tech américaine, souvent peu imposés en Europe, apparaissent donc comme des cibles naturelles. Nous nous donnons un peu de temps, a indiqué le ministre, qui précise que les États membres cherchent encore le bon équilibre. Notre objectif est de négocier, a-t-il ajouté, tout en prévenant : si Washington ne recule pas, l’Europe passera à l’action.
Vers un retour au libre-échange ?
L’espoir d’un accord n’est pas totalement écarté. L’Union européenne affirme vouloir revenir à une relation commerciale équilibrée avec les États-Unis, avec 0 % de taxes de part et d’autre de l’Atlantique.
Mais en cas d’échec, la Commission n’exclut pas de frapper fort. Si nous n’y arrivons pas, nous allons frapper les importations venant des États-Unis, a conclu Éric Lombard. Une manière de remettre tout le monde au même niveau, avant, peut-être, de retrouver un terrain d’entente.