Dans sa lettre aux actionnaires du deuxième trimestre, Netflix révèle avoir eu recours à l'IA générative dans près de 300 de ses films et séries cette année. Douze mois plus tôt, la plateforme n'assumait cet usage que sur une seule production. Et l'essentiel se joue en post-production, pour aller plus vite et coûter moins cher.
Un bond spectaculaire en douze mois
Le chiffre vient droit des résultats financiers du deuxième trimestre 2026, où Netflix explique que des outils d'IA générative ont servi sur environ 300 titres, avec la plus grosse part du travail concentrée en post-production. Pour mesurer le saut, il faut se rappeler qu'en juillet 2025, la firme n'avait reconnu ce recours que sur un seul programme, la série de science-fiction argentine El Eternauta. Passer d'une production à trois cents en un an, c'est un changement de rythme qui ne doit rien au hasard, surtout venant d'une entreprise qui compte chaque dollar dépensé sur ses tournages.
Surtout des effets visuels et de la post-production
Concrètement, l'IA générative intervient un peu partout dans la chaîne, de la pré-visualisation d'une scène jusqu'à la livraison finale, avec un gros morceau du côté des effets visuels. Elle sert à gonfler la taille d'une foule, à recréer une bataille historique ou à fabriquer des séquences complexes que Netflix cite en exemple sur des programmes comme le thriller sportif indien Glory, la mini-série brésilienne Brasil 70 ou le documentaire américain The American Experiment. Et les chiffres avancés donnent le ton, puisque ce dernier a produit dix-sept minutes d'images retouchées par IA deux fois plus vite et pour moitié moins cher qu'avec les méthodes classiques.
Une accélération qui fait grincer des dents
Le patron Ted Sarandos défend l'affaire en assurant que ces outils viennent renforcer les capacités des créateurs plutôt que les remplacer. Sauf que le principal argument mis en avant reste la vitesse et le coût réduit, ce qui n'a rien de rassurant pour les techniciens des effets visuels et les petites mains de la post-production. Le sujet est explosif depuis les grèves de 2023 à Hollywood, où l'IA était déjà au cœur des tensions, et Netflix avance ici sans trop se cacher. Côté investisseurs, l'accueil est nettement plus chaleureux, forcément, puisque tout ce qui rogne sur les budgets de production nourrit directement les marges.
On en dit quoi ?
Passer d'un titre à près de trois cents en une seule année en dit long sur la vitesse à laquelle l'IA s'installe dans la fabrication des films et des séries. Présenter la chose comme un simple coup de pouce aux créateurs, c'est bien pratique quand le vrai argument de vente est de faire pareil en deux fois moins de temps et pour deux fois moins d'argent. Toute la question sera de savoir où passe la limite entre l'assistant qui aide et l'outil qui supprime des emplois entiers.