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Maquillage, VPN... les astuces des ados australiens pour contourner la loi sur les réseaux sociaux

Par Vincent Lautier - Publié le

Vous le savez, L'Assemblée nationale vient de voter l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France. Mais de l'autre côté du globe, l'Australie a déjà un petit mois de recul sur une mesure à peu près similaire. Alors, ça donne quoi chez eux ?

Maquillage, VPN... les astuces des ados australiens pour contourner la loi sur les réseaux sociaux


Le jeu du chat et de la souris



Souvenez-vous, le 10 décembre 2025, l'Australie est devenue le premier pays à interdire l'accès à la plupart des réseaux sociaux, pour les mineurs de moins de 16 ans. TikTok, Instagram, Facebook, Snapchat, X, YouTube, Reddit et Twitch sont tous concernés. Les plateformes sociales qui ne respectent pas cette loi risquent une belle amende pouvant quand même grimper jusqu'à 50 millions de dollars australiens, soit environ 32 millions d'euros. Sauf que voilà, bien sûr, un mois plus tard, le constat est assez clair : beaucoup de jeunes passent complètement entre les mailles du filet.

D'un point de vue technique, pour la vérification, deux méthodes sont utilisées : soit une analyse du visage par intelligence artificielle en réalisant un selfie, soit l'envoi d'une pièce d'identité officielle. Meta a déjà annoncé avoir bloqué quelques 550 000 comptes de mineurs sur toutes ses plateformes. Dans les détails, c'est 331 000 sur Instagram, 173 000 sur Facebook et 40 000 sur Threads, ce qui donne aussi une chiffre intéressant sur les statistiques d'usages de ces plateformes par les adolescents. Ça peut sembler beaucoup, mais ça ne représente qu'une toute petite partie des utilisateurs concernés.

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Des ados très inventifs



Les adolescents australiens ne se laissent bien sûr pas faire. Sur Reddit, TikTok et autres forums, les astuces circulent en chaîne. Certains se maquillent les sourcils ou grimacent pour tromper la reconnaissance faciale, qui ne serait visiblement pas infaillible. Un parent a même raconté à la chaîne ABC que son fils de 13 ans avait réussi à passer le scan biométrique en cachant simplement ses dents. D'autres font tout simplement appel à un cousin majeur pour valider la vérification à leur place, comme ils le feraient pour aller acheter de l'alcool à la supérette, ou utilisent carrément des photos générées par IA. L'IA contre l'IA, c'est amusant. Et puis bien sûr, il y a les VPN, ces outils dont on vous parle régulièrement, qui masquent la localisation. Leurs téléchargements ont explosé avant l'entrée en vigueur de la loi, même si les plateformes affirment pouvoir les détecter grâce aux données GPS, aux cartes SIM et aux identifiants publicitaires, visiblement, ça ne suffit pas toujours. Une adolescente de 15 ans a confié à la chaîne CNN qu'aucun de ses comptes n'avait été supprimé, même ceux où elle avait indiqué son véritable âge.

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Et ailleurs dans le monde ?



L'Australie a clairement ouvert la voie. La Malaisie prépare aussi une interdiction similaire pour les moins de 16 ans dès 2026. Le Royaume-Uni étudie la question, tout comme la Norvège qui envisage aussi de fixer la limite à 15 ans comme la France. Aux États-Unis, plusieurs États ont déjà légiféré. La Floride par exemple interdit les moins de 14 ans et exige un accord parental jusqu'à 16 ans. Le Texas pousse carrément un projet de loi pour bannir les moins de 18 ans des réseaux sociaux. L'Utah a été le premier État à exiger un consentement parental pour les mineurs. Mais ces lois américaines font aussi face à des contestations judiciaires au nom du premier amendement sur la liberté d'expression.

On en dit quoi ?



En fait c'est plutôt un casse tête. L'intention de protéger les jeunes du cyberharcèlement et des contenus nocifs est complètement louable, mais l'exécution est toujours complètement foireuse. Meta demande d'ailleurs au gouvernement australien de revoir sa copie et propose plutôt une vérification d'âge au niveau des stores d'applications, comme l'App Stor. Le problème, c'est que les ados s'adapteront toujours plus vite que les régulateurs. D'ailleurs, seulement une semaine après l'interdiction, la ministre australienne des Communications défendait sa loi sur TikTok et les commentaires des jeunes ne se sont pas fait attendre : Raté, je suis toujours là. La France, qui doit appliquer sa propre interdiction à la rentrée 2026, ferait bien de prendre des notes.