Adam Mosseri, actuel patron d'Instagram, a témoigné sous serment devant un tribunal de Los Angeles dans un procès qui pourrait faire date pour les réseaux sociaux. Face aux accusations de plus de 1 600 plaignants, le patron d'Instagram a refusé de parler d'addiction, préférant le terme usage problématique. Sauf que ses propres déclarations passées sont venues le contredire.
Mosseri face aux jurés
C'est la première fois que le patron d'Instagram répond sous serment dans le cadre de cette affaire. La plaignante, une Californienne de 20 ans, accuse Instagram et YouTube d'avoir été conçus pour rendre les jeunes dépendants, avec à la clé des troubles anxieux, des complexes physiques et des pensées suicidaires. Face à l'avocat de la plaignante, Mosseri a tenu sa ligne : il reconnaît qu'il peut y avoir un usage problématique des réseaux sociaux, mais refuse de parler de dépendance clinique. Petit problème : lors d'un podcast en mars 2020, il avait lui-même utilisé le mot addiction. Sa défense ? Il s'était mal exprimé.
Les filtres beauté, un sujet qui fâche
Des documents internes présentés au tribunal montrent que plusieurs cadres de Meta voulaient interdire les filtres de chirurgie esthétique sur Instagram, inquiets de leurs effets sur les jeunes filles. Le dossier est remonté jusqu'à Mark Zuckerberg, qui a demandé à voir plus de données avant de trancher. Résultat : les filtres qui simulaient des cicatrices de chirurgie ont été retirés, mais ceux qui modifient les traits du visage (lèvres plus grosses, nez plus fin) ont été réautorisés. La raison invoquée en interne : ne pas perdre de terrain face à TikTok. Mosseri a quand même assuré que la protection des mineurs et la rentabilité de l'entreprise allaient dans le même sens, sur le long terme.
Zuckerberg attendu à la barre
Ce procès regroupe quand même plus de 1 600 plaignants, dont 350 familles. Les accusations portent sur la conception même d'Instagram : le scroll infini, les "likes", les algorithmes de recommandation, tout serait pensé pour pousser à la consommation compulsive. Mark Zuckerberg devrait témoigner dès la semaine prochaine (il a l'habitude de l'exercice maintenant). Son passage s'annonce tendu, d'autant que les révélations sur sa gestion des filtres beauté n'aident pas.
On en dit quoi ?
La défense de Mosseri est un peu difficile à tenir, on ne va pas se mentir. Cette posture de dire qu'on ne peut pas être véritablement accro aux réseaux sociaux, en 2026, c'est intenable, surtout quand on voit autant d'États légiférer pour essayer de limiter ce fléau. Et l'histoire des filtres beauté laisse un goût amer : en interne, tout le monde savait que c'était un problème pour les ados, mais la concurrence avec TikTok a visiblement pesé plus lourd. Si vous avez des ados qui passent leurs soirées sur Instagram, les prochaines semaines de procès risquent de vous intéresser de très près.