L'association canadienne des équipementiers automobiles a dévoilé deux prototypes électriques au salon de Toronto : Vector et Borealis. Conçus et assemblés au Canada par plus de 80 fournisseurs locaux, ces véhicules veulent montrer que le pays peut fabriquer des voitures, et pas seulement des batteries. Le tout dans un contexte où Ottawa injecte des milliards dans la transition électrique.
Vector
Vector et Borealis, deux visions du futur
Les deux concepts ont été présentés au Canadian International AutoShow de Toronto, dans le cadre de la phase 2 du Project Arrow. Le premier, Vector, est pensé pour l'horizon 2030 : 650 chevaux, 550 kilomètres d'autonomie et conduite autonome de niveau 3. Son châssis est conçu par intelligence artificielle et imprimé en 3D à partir d'un mélange polymère-aluminium. Borealis, lui, vise plus loin. On parle de 1 500 kilomètres d'autonomie, d'un niveau 5 de conduite autonome (zéro intervention humaine) et d'un châssis entièrement imprimé en 3D en alliage métallique. Le groupe motopropulseur aussi est imprimé en 3D, et le véhicule est conçu pour se connecter aux infrastructures des villes intelligentes.
Vector
80 fournisseurs canadiens, zéro constructeur
Project Arrow est piloté par l'APMA avec l'Ontario Tech University comme partenaire principal pour l'assemblage. Plus de 80 équipementiers et partenaires canadiens ont contribué aux deux prototypes. Le projet ne date pas d'hier : la phase 1, dévoilée au CES de Las Vegas en 2023, avait déjà abouti à un concept de 550 chevaux avec 97 % de contenu canadien, financé à hauteur de 8,2 millions de dollars par les gouvernements fédéral et provinciaux. Le design venait de quatre étudiants de l'université Carleton. Avec la phase 2, l'ambition monte d'un cran, mais on reste sur des prototypes. Aucun de ces véhicules n'est destiné à être produit en série, en tout cas pas dans l'immédiat.
Borealis
Des milliards sur la table, mais pas pour fabriquer des voitures
En parallèle, le premier ministre Mark Carney a dévoilé une stratégie automobile de plus de 7 milliards de dollars. 2,3 milliards pour des subventions à l'achat (5 000 dollars par VE neuf, à partir du 16 février 2026), 3 milliards du Fonds de réponse stratégique pour l'industrie, et 1,5 milliard pour les bornes de recharge. Côté production, Stellantis et Volkswagen construisent des usines de batteries en Ontario. Le Canada possède des réserves de lithium, de nickel et de cobalt, et a d'ailleurs créé une Alliance canadienne de la batterie. Mais la stratégie reste centrée sur les composants et les matières premières, pas sur l'assemblage de véhicules sous marque nationale.
On en dit quoi ?
Project Arrow est un projet intéressant. Tout ceci montre surtout que le Canada a toutes les ressources en main pour fabriquer un véhicule électrique. Les fournisseurs, les matières premières, les cerveaux, mais il y a encore pas mal de travail pour arriver à lancer une chaîne de production. Pour l'instant, le pays reste un maillon (solide) de la chaîne de production, pas un constructeur.