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Le Canada signe un accord historique avec la Chine sur les véhicules électriques

Par Vincent Lautier - Publié le

Mark Carney vient de conclure un accord préliminaire avec Pékin pour réduire les droits de douane sur les voitures électriques chinoises et le canola canadien. Une première depuis huit ans, qui redistribue les cartes face aux États-Unis.

Le Canada signe un accord historique avec la Chine sur les véhicules électriques


Un rapprochement stratégique



Le premier ministre canadien Mark Carney était à Pékin vendredi dernier pour une visite qui n'avait pas eu lieu depuis 2017. Le contexte a bien changé : entre les tensions avec Washington sous Donald Trump et les représailles commerciales des deux côtés, Ottawa et Pékin avaient des raisons de se parler. L'accord prévoit que la Chine réduise ses droits de douane sur le canola, cette variété de colza dont le Canada est le premier exportateur mondial, de 76 % à 15 % d'ici le 1er mars, et qu'elle supprime ceux sur le homard, le crabe et les pois. En échange, le Canada accepte l'entrée de 49 000 véhicules électriques chinois par an à un tarif préférentiel de 6,1 %, contre 100 % actuellement. Carney a qualifié cet accord de préliminaire mais historique.

Visuel : AP
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Des véhicules électriques à moins de 35 000 dollars



Le quota de 49 000 véhicules représente moins de 3 % du marché canadien des voitures neuves. Mais le détail qui compte : plus de la moitié de ces véhicules auront un prix à l'importation inférieur à 35 000 dollars d'ici cinq ans. L'idée, selon Carney, c'est de rendre l'électrique plus accessible aux Canadiens. Les droits de douane de 100 % avaient été instaurés par Justin Trudeau en 2024, dans la foulée des mesures américaines et européennes contre le dumping chinois. La Chine avait répliqué en mars 2025 avec des taxes de 100 % sur l'huile de canola et de 25 % sur le porc et les fruits de mer. Ambiance.

Le Canada signe un accord historique avec la Chine sur les véhicules électriques


Une relation plus prévisible qu'avec Washington



Carney n'a pas mâché ses mots : la relation avec la Chine offre désormais plus de prévisibilité que celle avec les États-Unis sous Trump. L'objectif affiché du Canada est de doubler ses exportations vers des pays autres que les États-Unis d'ici 2035. Du côté américain, le représentant au Commerce Jamieson Greer a qualifié l'accord de problématique, rappelant que Washington maintient ses propres tarifs pour protéger l'industrie automobile américaine. Xi Jinping a aussi annoncé que les Canadiens pourront se rendre en Chine sans visa.

On en dit quoi ?



C'est en fait un vrai coup de poker de la part de Carney. Coincé entre l'imprévisibilité de Trump et le besoin de diversifier ses débouchés, le Canada choisit de rouvrir le dialogue avec Pékin après des années de gel diplomatique. Doug Ford, premier ministre de l'Ontario, a aussitôt dénoncé l'accord en parlant de pied dans la porte pour la Chine. D'autres dirigeant du pays, saluent eux au contraire ces décisions pour les producteurs de canola. L'accord reste préliminaire et beaucoup de détails restent à négocier. Reste à voir si cette ouverture chinoise sera suffisante pour compenser les turbulences avec le voisin américain.