Tesla vient de dévoiler le tout premier Cybercab sorti de sa ligne de production, directement depuis la Gigafactory du Texas. Ce biplace sans volant ni pédales est conçu pour fonctionner comme un robotaxi entièrement autonome, à base de caméras uniquement. La production en série devrait démarrer en avril, mais le logiciel de conduite autonome, lui, accumule les retards.
Un biplace sans volant ni pédales
Le Cybercab, c'est le véhicule que Tesla présente depuis 2024 comme sa réponse aux Waymo déjà très populaires. Un biplace avec des portes papillon, pas de volant, pas de pédales, et pas de rétroviseurs non plus. La batterie fait 35 kWh pour environ 320 km d'autonomie selon Tesla, et la recharge se fait par induction.
Tesla déclare qu'il y a deux fois moins de pièces sur ce modèle que sur une Model 3, avec un coût de production inférieur à 30 000 dollars par véhicule. L'idée, c'est de rendre l'exploitation en flotte rentable à grande échelle, et rapidement.
Un procédé de fabrication inédit
Pour assembler ce véhicule, Tesla utilise un procédé baptisé unboxed manufacturing. Les différentes sections sont fabriquées dans des zones dédiées de l'usine, puis assemblées à la fin. Elon Musk promet un temps de cycle de moins de dix secondes par unité (oui, vous avez bien lu) et jusqu'à cinq millions de robotaxis par an à terme, c'est énorme. La production en volume démarre en avril, mais la montée en cadence sera atrocement lente selon ses propres mots. Tout est nouveau : l'architecture du véhicule, les fournisseurs, les pièces moulées sous pression, le câblage, les tests de validation. Autant dire que les premiers mois vont être compliqués.
Quatre fois plus d'accidents que la moyenne
Le Cybercab sort de l'usine, mais le logiciel qui doit le faire rouler tout seul n'est pas encore tout à fait au point. Le taux d'accident du FSD serait d'un crash tous les 91 700 km, contre un tous les 368 500 km pour un conducteur humain. La flotte de test ne compte qu'environ 200 véhicules entre Austin et San Francisco, avec un taux de disponibilité de seulement 19 %. Selon Musk, il faudrait 16 milliards de kilomètres de données pour atteindre un niveau acceptable, et la puce AI5 de nouvelle génération qui pourrait aider à aller plus vite sur cet objectif est repoussée à mi-2027. Le Cybercab démarre donc avec la puce actuelle. D'ailleurs, Tesla a confirmé être prêt à livrer le véhicule avec volant et pédales si les régulateurs l'exigent vraiment.
On en dit quoi ?
C'est un moment important pour Tesla, même si on est assez loin des promesses d'Elon Musk (un million de robotaxis pour 2020 quand même, on en est assez loin). Six ans et beaucoup de tweets plus tard, on a un premier exemplaire qui sort de l'usine. Pendant ce temps, Waymo roule déjà sans conducteur dans plusieurs villes américaines. Mais nul doute qu'Elon Musk a les ressources pour faire de son taxi autonome un succès, quand le rythme de croisière sera atteint.