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Cette photographe n'a pourtant pas utilisé d'IA, mais la polémique est mondiale

Par Vincent Lautier - Publié le

La photographe russe Julia Buruleva a peint un éléphant en rose à Jaipur, en Inde, pour un shooting artistique. Les images ont fait le tour des réseaux sociaux et provoqué un tollé, entre accusations de maltraitance animale et débat sur le recours à l'IA. Les autorités indiennes ont ouvert une enquête, et une question revient dans les commentaires : pourquoi ne pas avoir utilisé l'IA ?

Cette photographe n'a pourtant pas utilisé d'IA, mais la polémique est mondiale


Six semaines en Inde pour une photo



Julia Buruleva a passé six semaines à Jaipur, dans le Rajasthan, pour un projet photographique. Elle a visité plusieurs fermes d'éléphants avant d'en trouver un dont le responsable acceptait le concept. Le shooting s'est déroulé dans un temple abandonné dédié au dieu Ganesh, avec un éléphant entièrement recouvert de peinture rose et un modèle humain peint de la même couleur. La photographe assure avoir utilisé de la peinture organique fabriquée localement, la même que celle utilisée par les habitants lors des fêtes et festivals. Elle défend un travail artistique ancré dans l'interaction avec la nature, et rejette l'idée de recourir à l'IA pour produire ce type d'images.

Cette photographe n'a pourtant pas utilisé d'IA, mais la polémique est mondiale


Les réseaux sociaux ne décolèrent pas



Les photos sont devenues virales et les critiques ont rapidement afflué. Plusieurs internautes ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme de la maltraitance animale, rappelant que les éléphants ont une peau très poreuse et sensible. Un photographe indien a souligné que l'éléphant est une espèce protégée en Inde et que la photographie commerciale avec ces animaux nécessite des autorisations spécifiques. Côté défense animale, des organisations comme PETA India ont rappelé les problèmes récurrents d'exploitation des éléphants dans le tourisme à Jaipur. Le département des forêts du Rajasthan a pris connaissance de l'affaire et lancé une enquête pour vérifier si les autorisations nécessaires avaient été obtenues.

L'IA au milieu du débat



Un détail revient souvent dans les commentaires : pourquoi ne pas avoir utilisé l'IA pour créer cette image ? Plusieurs internautes ont fait remarquer qu'un générateur d'images aurait pu produire le même résultat visuel sans impliquer un animal vivant. La photographe a répondu dans une interview au Hindustan Times en expliquant que sa démarche repose sur l'interaction réelle avec l'environnement et les êtres vivants, et qu'elle ne souhaite pas passer par des méthodes purement numériques. Un argument qui se défend sur le plan artistique, mais qui a du mal à convaincre quand l'animal n'a visiblement pas eu son mot à dire.

Cette photographe n'a pourtant pas utilisé d'IA, mais la polémique est mondiale


On en dit quoi ?



C'est le genre d'histoire où tout le monde a un avis, et où personne n'a complètement tort. Sur le fond, utiliser un animal sauvage protégé comme accessoire de shooting, même avec de la peinture bio, ça pose quand même question. Et la réponse l'IA aurait pu le faire est un peu facile, parce qu'on pourrait la coller à n'importe quelle photo impliquant un être vivant. Bon par contre, entre l'enquête des autorités indiennes et la pression des réseaux sociaux, on imagine bien que ce type de séance photo va se faire de plus en plus rare, peinture organique ou pas.