Actualité

Gaming

Joy-Con drift : Nintendo paie 35 millions d'euros en France pour avoir trop tardé à prévenir les jou

Par Vincent Lautier - Publié le

C'est officiel depuis ce 8 juin. La DGCCRF, l'autorité française de la consommation, a obtenu de Nintendo of Europe une amende de 35 millions d'euros dans la longue affaire du Joy-Con drift, ces manettes de Switch qui dérivent toutes seules. Particularité du dossier, le constructeur n'est pas sanctionné pour le défaut, mais pour l'avoir dissimulé à ses clients pendant des années.

Joy-Con drift : Nintendo paie 35 millions d'euros en France pour avoir trop tardé à prévenir les jou


Une amende au bout de cinq ans de procédure



L'enquête remonte à loin. Tout commence en 2020 avec une plainte de l'UFC-Que Choisir, qui pointe la multiplication des Joy-Con défaillants sans réponse claire de Nintendo. Le service national des enquêtes de la DGCCRF s'en saisit, instruit le dossier pendant des années, puis le transmet au parquet de Nanterre en 2025. La procédure aboutit aujourd'hui à une transaction, ces 35 millions d'euros que Nintendo of Europe accepte donc de verser pour clore le contentieux. Rapportée aux plus de 150 millions de Switch écoulées depuis 2017, la sanction est franchement modeste, mais sa portée symbolique dépasse de loin le montant.

Joy-Con drift : Nintendo paie 35 millions d'euros en France pour avoir trop tardé à prévenir les jou


La faute retenue, une pratique commerciale trompeuse



Pour être très clair, la DGCCRF ne condamne pas Nintendo pour avoir fabriqué des manettes foireuse, mais pour pratique commerciale trompeuse entre 2018 et 2023. Concrètement, l'administration estime que le fabricant a manqué à son obligation d'informer correctement les consommateurs sur un défaut qu'il connaissait depuis longtemps. La communication officielle n'a vraiment débuté qu'en 2020, alors que les Joy-Con dérivaient déjà depuis un paquet années. Ce silence aurait poussé une partie des joueurs (dont peut-être vous) à racheter une manette neuve plutôt qu'à faire réparer la leur.



Le drift, ses causes, et la réparation gratuite



Pour qui aurait échappé au phénomène, le drift se manifeste par des mouvements fantômes, un personnage qui glisse seul sur le côté, un menu qui défile sans la moindre action. Deux causes ressortent, l'usure prématurée des circuits imprimés et un défaut d'étanchéité qui laisse poussière et débris s'accumuler dans le module. Bonne nouvelle quand même, Nintendo répare gratuitement les Joy-Con touchés depuis plusieurs années, sans exiger ni facture ni garantie. Une vieille paire qui dérive au fond d'un placard peut encore partir en réparation sans débourser un centime.

Joy-Con drift : Nintendo paie 35 millions d'euros en France pour avoir trop tardé à prévenir les jou


On en dit quoi ?



Trente-cinq millions pour un groupe qui vend ses consoles par centaines de millions, la pilule passe sans douleur du côté de Kyoto. L'intérêt de la décision est ailleurs, dans le principe qu'elle pose, un fabricant n'a pas le droit de laisser ses clients dans l'ignorance d'un défaut connu, surtout quand ce silence les pousse à repasser à la caisse. Le drift aura accompagné toute la carrière de la première Switch, et c'est ce que la Switch 2 et ses Joy-Con 2 promettent d'enterrer. On attend de voir. Et vous, vous l'avez vécu ce problème ?