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Stellantis fait rouler sa première batterie solide : 18 minutes pour charger à 90%

Par Vincent Lautier - Publié le

Stellantis vient d'installer une batterie à électrolyte solide dans une vraie voiture, une Dodge Charger Daytona, et l'a lâchée sur la route pour de bon. C'est une première pour le groupe, et l'une des rares fois où cette techno tant promise quitte le laboratoire. Au menu, 375 Wh/kg et une charge de 15 à 90% en 18 minutes. Reste une grande inconnue, la date d'arrivée dans nos voitures.

Stellantis fait rouler sa première batterie solide : 18 minutes pour charger à 90%


Une batterie solide dans une vraie Dodge



Le groupe Stellantis, qui chapeaute Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep et bien d'autres, a glissé les cellules de son partenaire américain Factorial dans une Dodge Charger Daytona, sur la plateforme STLA Large qui sert de base à ses grosses électriques. C'est, dit le groupe, la première intégration automobile de cette techno en Amérique du Nord, et la toute première fois que des cellules solides roulent dans une Stellantis. Pour les loger, les ingénieurs ont même dû breveter une architecture mécanique maison, le temps d'adapter le pack et son électronique de contrôle. Le programme d'essais sur route démarre maintenant, histoire de vérifier la tenue, la sécurité et la fiabilité loin du banc de test.

Stellantis fait rouler sa première batterie solide : 18 minutes pour charger à 90%


Ce que promet la techno FEST de Factorial



La batterie repose sur le procédé FEST de Factorial, une chimie à électrolyte solide plutôt que liquide comme dans nos batteries lithium-ion actuelles. L'intérêt est simple : plus d'énergie dans moins de poids. Stellantis annonce 375 Wh/kg sur les cellules démontrées en 2025, là où une bonne lithium-ion tourne plutôt autour de 250 à 300. La recharge grimpe de 15 à 90% en 18 minutes, et les cellules de 77 Ah encaissent de -30 à 45°C, soit la vraie vie, du froid mordant à la canicule. Sur le papier, c'est exactement ce qu'on attend du solide, plus léger, plus dense, moins frileux par grand froid.

Stellantis fait rouler sa première batterie solide : 18 minutes pour charger à 90%


Et dans nos voitures françaises ?



Voilà le hic. Stellantis parle d'une flotte d'essai à partir de 2026, mais ne lâche aucune date de commercialisation. Et la batterie solide, ça fait des années qu'on nous la promet juste au coin de la rue. Toyota, Nissan ou encore QuantumScape ont tous leur calendrier qui glisse d'année en année. Là, au moins, il y a une voiture qui roule pour de vrai, pas seulement une cellule sous cloche en labo. Reste que l'essai se fait sur une Dodge, pas sur une Peugeot ni une Citroën. Les marques françaises du groupe devront patienter, même si la techno finira logiquement par redescendre vers elles.

On en dit quoi ?



On a envie d'y croire, vraiment. Une batterie qui se recharge presque aussi vite qu'un plein d'essence et qui supporte le grand froid, c'est le genre de promesse qui ferait taire pas mal de réticences sur l'électrique. Sauf qu'on a appris à se méfier des annonces autour du solide, recyclées chaque année depuis une bonne décennie. La différence, cette fois, c'est qu'une vraie voiture prend la route, et ça, ce n'est pas rien. Mais entre un prototype qui roule et une e-3008 à électrolyte solide chez le concessionnaire, il peut encore s'écouler un paquet d'hivers. Bref, on a hâte.