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Le rival chinois de Neuralink lève 280 millions

Par Vincent Lautier - Publié le

L'entreprise chinoise BrainCo vient de boucler une levée d'environ 280 millions de dollars et a déposé un dossier confidentiel pour entrer en Bourse à Hong Kong. De quoi devenir la première des jeunes pousses stars de Hangzhou à franchir le pas, avec une recette à contre-courant de celle d'Elon Musk : lire le cerveau sans jamais ouvrir le crâne.

Le rival chinois de Neuralink lève 280 millions


Le bandeau plutôt que l'implant



Fondée en 2015, BrainCo fait partie des six petits dragons, ce groupe de jeunes pousses de Hangzhou devenues la vitrine de l'ambition tech chinoise. Le projet est une interface cerveau-machine non-invasive, c'est-à-dire une façon de faire dialoguer le cerveau et une machine sans rien implanter. Concrètement, ce sont des casques et des bandeaux qui captent les signaux électriques du cerveau à travers le cuir chevelu pour suivre l'attention ou la relaxation, une main bionique pilotée par l'intention du porteur et déjà approuvée par l'agence du médicament américaine, et un dispositif d'aide au sommeil. On est loin du Neuralink d'Elon Musk et des autres américains comme Paradromics ou Science Corp, qui glissent une puce directement dans le crâne.

Le rival chinois de Neuralink lève 280 millions


De l'argent, un fonds lié à Intel et un État derrière



Le nerf de la guerre, c'est justement ce tour de table. BrainCo a levé environ 2 milliards de yuans, à peu près 280 millions de dollars, une opération co-menée par le fonds IDG Capital et par Walden International, la société de capital-risque fondée par Lip-Bu Tan, l'actuel patron d'Intel. L'entreprise a surtout déposé un dossier confidentiel pour rejoindre la Bourse de Hong Kong, ce qui ferait d'elle la première des six petits dragons à entrer sur les marchés. Et derrière, il y a Pékin, là où la neurotech américaine avance à coups de fortunes de milliardaires. Sept ministères chinois ont publié un plan national pour la filière, avec des percées techniques visées d'ici 2027, quand BrainCo compte à terme louer sa plateforme à d'autres fabricants de produits neuro, sa future plus grosse source de revenus.

Moins risqué, mais pas sans questions



Le non-invasif a de vrais atouts. Pas de chirurgie, un public bien plus large qui va du bien-être à la rééducation, et des produits qui existent déjà. Sauf que lire le cerveau à travers le crâne donne un signal moins précis qu'un implant, donc des usages forcément plus limités. Et la surveillance n'est jamais très loin. En 2019, des bandeaux Focus portés par des écoliers du Zhejiang pour mesurer leur attention en classe avaient fait scandale, au point que le bureau local de l'éducation avait coupé court à l'essai. BrainCo a assuré qu'il s'agissait de tester l'efficacité de l'apprentissage, pas d'équiper les écoles.

Le rival chinois de Neuralink lève 280 millions


On en dit quoi ?



Deux philosophies s'affrontent, le bistouri de Musk contre le bandeau de Pékin, et il faut reconnaître que le pari non-invasif est plus raisonnable et bien plus facile à vendre au grand public. Quoi qu'il en soit le vrai sujet, ce ne sera pas la technique, mais l'usage qu'on en fera.