Le géant allemand Volkswagen traverse la pire tempête de son histoire. Son patron Oliver Blume envisagerait de supprimer jusqu'à 100 000 postes dans le monde, environ 16 pour cent des effectifs, et de fermer quatre usines. Ce serait la plus grosse restructuration jamais menée par le constructeur, fondé il y a 89 ans.
Un plan d'une ampleur inédite
Le chiffre est énorme, d'autant qu'il vient doubler un plan déjà douloureux. Fin 2024, Volkswagen s'était mis d'accord avec les syndicats pour supprimer 50 000 emplois en Allemagne d'ici 2030, avec la promesse de ne fermer aucune usine avant la fin de la décennie. Le nouveau tour de vis, qui pourrait ajouter autant de suppressions, ferait grimper le total à environ 100 000 salariés sur le carreau. Quatre sites seraient menacés de fermeture, les usines Volkswagen de Hanovre, Zwickau et Emden, plus celle d'Audi à Neckarsulm, qui emploient à elles seules plus de 45 000 personnes.
La faute à la Chine et aux surtaxes américaines
Reste à comprendre comment on en arrive là. Comme la plupart des constructeurs européens, Volkswagen se fait étrangler sur deux fronts, avec de nouvelles surtaxes américaines qui plombent ses exportations et surtout la montée en puissance des chinois de l'électrique, BYD en tête, qui cassent les prix. Résultat, les usines allemandes tournent au ralenti et ne fonctionneraient plus qu'à 73 pour cent de leur capacité en 2030. Pour Blume, produire dans des usines à moitié vides est tout simplement intenable, ce qui justifie à ses yeux une cure d'une brutalité inédite.
Les syndicats montent au front
Face à ce plan, la réplique syndicale ne s'est pas fait attendre. Le puissant syndicat IG Metall a prévenu, par la voix de sa dirigeante Christiane Benner, que si ces projets se concrétisaient, ils seraient combattus de toutes leurs forces. Des manifestations de salariés s'organisent déjà devant les usines partout dans le pays. Le climat s'annonce explosif, car Volkswagen avait justement juré en 2024 d'éviter les fermetures, une promesse qui volerait ici en éclats.
On en dit quoi ?
Voir un mastodonte comme Volkswagen, avec ses dix marques de Seat à Porsche, envisager de sacrifier un salarié sur six, ça donne la mesure du séisme qui secoue l'automobile européenne. La Chine électrique a changé les règles du jeu en quelques années à peine, et l'Allemagne, longtemps intouchable, découvre qu'elle n'est plus à l'abri.