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60 000 départs volontaires chez Microsoft : un salarié sur quatre concerné

Par Vincent Lautier - Publié le

Un salarié de Microsoft sur quatre va se voir proposer de quitter l'entreprise. Le programme de départs volontaires annoncé par le groupe concerne environ 60 000 personnes aux États-Unis, au Canada, en Inde et au Royaume-Uni, et il concerne des équipes qu'on imaginait protégées, à commencer par celles qui construisent Copilot et Windows. Les candidats n'auront que quelques semaines pour se décider.

60 000 départs volontaires chez Microsoft : un salarié sur quatre concerné


Un salarié sur quatre



Microsoft employait 223 000 personnes fin juin, et l'offre s'adresse donc à un peu plus d'un quart d'entre elles, une proportion qu'aucun plan social classique n'oserait afficher. L'annonce est passée par le blog officiel de l'entreprise, sans la moindre conférence. Les quatre pays retenus concentrent une grosse partie des effectifs, et la France n'est pas sur la liste. Par chez nous, un dispositif de cette ampleur passerait par une rupture conventionnelle collective, avec des négociations et un calendrier bien plus lourds, alors qu'aux États-Unis une entreprise peut monter ce genre de programme en quelques semaines. Le calendrier est d'ailleurs très court. Les volontaires doivent faire connaître leur décision courant décembre, pour un départ fixé au 31 décembre, avec à la clé une aide financière et un accompagnement vers un nouvel emploi dont Microsoft n'a pas détaillé le montant.

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Copilot et Xbox sur la liste



Tout le monde ne peut pas candidater. L'offre est réservée aux salariés dont le niveau hiérarchique interne est inférieur ou égal à 70, ce qui écarte les cadres dirigeants, et plusieurs équipes en sont exclues d'office, comme le marketing, les forces commerciales et la sécurité. La liste des divisions où le programme circule est beaucoup plus parlante. On y trouve Copilot, CoreAI, AI Experiences, Windows et les appareils, Xbox, les finances et les ressources humaines. Les ingénieurs qui fabriquent l'intelligence artificielle de la maison, ceux-là mêmes que Satya Nadella met en avant à chaque conférence, peuvent donc lever la main pour partir. Même chose chez Xbox, qui sort pourtant de deux années de fermetures de studios et de jeux annulés, et dont les équipes ont déjà payé le plus lourd tribut aux coupes de 2025. Aucun objectif chiffré de départs n'a été communiqué.

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La facture de l'IA



Ce plan arrive six mois après un dispositif de retraite anticipée proposé en avril dernier à environ 7 % des salariés américains, une offre qu'environ un tiers des intéressés avait acceptée. La direction des ressources humaines, emmenée par Amy Coleman, assure avoir tiré les leçons de ce premier programme et préfère parler de souplesse et de départs choisis plutôt que de réduction d'effectifs. La logique de fond n'a pourtant pas bougé. Microsoft engloutit de l'ordre de 30 milliards de dollars par trimestre dans les centres de données qui font tourner Copilot, Azure et les modèles de ses clients, OpenAI et Anthropic en tête, et cherche du coup de l'air sur tout le reste, à commencer par la masse salariale. Les investisseurs, eux, réclament des gages sur les coûts à chaque publication de résultats. Le groupe n'est pas aux abois pour autant. Son flux de trésorerie disponible est resté positif au deuxième trimestre, là où Alphabet et Amazon ont vu le leur passer dans le rouge sous le poids des mêmes investissements. Microsoft taille donc très en avance, et chaque dollar économisé sur les salaires pourra filer dans les GPU.

On en dit quoi ?



Le mot volontaire fait le plus gros du boulot dans cette annonce. Personne n'imagine Microsoft financer des dizaines de milliers de départs par générosité, et si les candidatures ne suffisent pas, on sait à peu près comment ce genre d'histoire se termine en général. Retrouver les équipes Copilot parmi les candidates au départ devrait quand même refroidir tous ceux à qui on répète que l'IA va créer plus d'emplois qu'elle n'en supprime. Chez Microsoft, pour le moment, elle paie surtout des portes de sortie.