Il manquait un modèle électrique entre l'EX40 et l'EX90, Volvo présente donc cette semaine son EX60, cousin du XC60 thermique et surtout, l'un des premiers à adopter une toute nouvelle plateforme.
Une grosse boite à chaussure
Si l'avant reprend la signature de la gamme actuelle, la forme générale rappelle l'époque des gros break Volvo, avec un arrière massif, pas forcément idéal en matière d'aéro.
D'ailleurs le Cx de cette grosse boite à chaussure reste à 0,26, c'est moins bien que l'iX3 (0,24) ou le Tesla Model Y (0,22) et aussi bien qu'un... gros Q6 Sportback, ses principaux concurrents, dont il partage d'ailleurs la longueur (4,80m).
Avec cette nouvelle plateforme SPA3, Volvo inaugure aussi le MegaCasting lancé à l'origine par Tesla, et qui permet de réduire le nombre de pièces nécessaires pour la structure générale de la voiture, tout en économisant de l'énergie, du temps et en améliorant aussi la résistance du véhicule. Revers de la médaille, c'est aussi plus compliqué à réparer en cas de choc.
Autre nouveauté, les batteries sont intégrées dans la structure du châssis (cell-to-body), ce qui permet de réduire le poids et d'améliorer la densité énergétique. Malgré cela, les modèles sont annoncés entre 2 190 et 2 405 kg, soit presque 400Kg de plus qu'un Model Y sur le haut de gamme !
Parmi les petites originalités, on retrouve ces poignées de portes électriques situées au niveau des montants, comme sur la Ford Mustang Mach-E. Une première chez Volvo, les vitres n'ont pas d'encadrement, ce qui est souvent plus compliqué pour l'isolation phonique.
Enfin, en finition P10 Cross Country, la voiture sera surélevée de 20 mm, et même 40 mm avec une suspension pneumatique exclusive. Sur cette déclinaison, les voies seront également renforcées histoire d'aller barouder en toute tranquillité.
810 Km d'autonomie et 800V
Comme annoncé, Volvo passe enfin au 800V ! La voiture accepte alors 320 kW en courant continu (mais seulement 120 kW sur borne 400 Volts).
Le 10 à 80 % est donc annoncé en 18 minutes mais il faudra surement doubler ce temps en 400V.
Les autonomies et la taille de la batteries sont variables suivant les configurations, mais tous proposent au moins 620Km WLTP :
• P6 RWD : 80 kWh / 620 km • P10 AWD : 91 kWh / 660 km • P12 AWD : 112 kWh / 810 km
Un écran convexe et des bugs ?
Contrairement à ses cousins de chez Smart (également propriétaire du groupe chinois Geely), l'EX60 ne brille pas par ses nombreux écrans.
On retrouve toujours une petite dalle d'instrumentation (comme sur le reste de la gamme) et un écran central convexe de 15", ce qui permet d'améliorer la visibilité générale -mais rien pour le passager et pas d'écran à l'arrière non plus pour les enfants. L'afficheur tête haute a également été supprimé.
Basé sous Android Automotive avec les services de Google, Volvo promet une meilleure réactivité de son système, grâce à une puce NVidia pour la partie graphique et un SnapDragon dernière génération côté CPU.
Mais le problème chez Volvo a toujours été la fiabilité de l'OS et l'ergonomie des interfaces : les bugs à répétition, notamment sur l'EX30 et l'EX90 que l'on avait testés l'an dernier, nous obligeait à mettre de sérieux bémols sur la note finale. Sur les forums, les clients agacés se comptent par milliers, au grand dam des concessions qui semblent parfois dépassé par la gestion des problèmes.
On notera la compatibilité CarKey qui permet d'avoir la clef numérique native sur iOS, watchOS etc. et de la partager facilement via iMessage.
Alors que les intérieurs Volvo étaient jusque là assez engoncés, la nouvelle disposition de la console centrale fait plutôt penser... à celle de l'ID.Buzz de Volkswagen, avec un large passage libéré entre les deux passagers.
Du coup, on perd pas mal de place... Pas de console flottante, un chargeur sans-fil encastré sous la planche de bord, une boite à gant centrale et des porte-gobelets qu'il faut déployer depuis l'accoudoir qui perd son réglage en hauteur.
Volvo inaugure aussi de nouvelles ceintures de sécurité dite multi-adaptatives qui vont jouer sur l'anticipation et la pression pour optimiser le maintient en cas de choc. Inventeur de la ceinture 3 points, Volvo compte bien garder le leadership en matière de sécurité.
Pour le reste, l'ambiance est feutrée, avec des sièges massants, chauffants (même à l'arrière) et ventilés, de beaux assemblages, des matériaux de qualité et un confort digne de la marque.
A l'arrière en revanche, la place centrale n'est pas la plus accueillantes et Volvo ne propose pas non plus de poignées de maintient en hauteur, ni de tablette, d'écran ou autre prestation désormais courante chez les chinois. Seul signe de modernité, les deux prises USB C situés sur la console centrale, avec un petit réglage de climatisation.
Enfin, le coffre affiche un volume correct de 523 litres (dont 63 litres sous le plancher) et Volvo propose toujours un frunk de 52L, ce qui est plutôt modeste face à Tesla, ou même Mercedes, qui dépasse les 100L.
Quels tarifs ?
Enfin, du côté des motorisations, on retrouve une propulsion et 2 AWD, avec des prix clairement premium :
Le Volvo EX60 serait-il à la hauteur du succès du XC60 ? Plutôt homogène, rapide à charger, avec une bonne autonomie et un système revu et corrigé, les bases sont bonnes, d'autant que les moteurs de Geely sont vraiment très puissants. Reste à savoir si Volvo aura corrigé tous les bugs des dernières plateformes, une véritable épine dans le pied pour le constructeur aux prestations vendues à un tarif très... premium.