Elon Musk a annoncé par surprise le lancement de ses premiers Robotaxis totalement autonomes dans la ville d'Austin au Texas. Aucun superviseur humain à bord, simplement vous et la voiture. C'était une étape très attendue depuis des années par Elon Musk, qui n'a pas manqué de publier la nouvelle sur son réseau social X.
Un lancement très progressif
Pour l'instant, on parle d'un déploiement vraiment limité, mais c'est un début. Seules quelques Model Y sans superviseur vont rejoindre la flotte existante, qui elle, garde encore des humains à bord. Ashok Elluswamy, responsable du programme d'IA chez Tesla, a précisé que le ratio de véhicules sans humain allait augmenter progressivement. Prudent donc, Tesla ne se jette pas à l'eau en une seule fois et commence par se mouiller un peu la nuque. Pour avoir une idée de l'échelle, la flotte classique compte environ 32 Model Y à Austin, et moins de 10 roulent en même temps en temps normal.
Attention aussi, plusieurs observateurs ont relevé sur les vidéos publiées que des véhicules de suivi accompagnent les Robotaxis, avec des superviseurs à l'intérieur. Donc pour le moment on retire le superviseur de la voiture taxi avec le passager, pour le mettre juste derrière. C'est probablement nécessaire pour les premières expérimentations, mais ça relativise quand même un peu l'exploit.
Waymo toujours en avance
Si on regarde du côté de la concurrence, Waymo a quand même beaucoup d'avance. Le service de taxi de Google réalise déjà 450 000 courses par semaine dans les six villes américaines où le service est présent. Tesla est de son côté sur ses premiers essais commerciaux avec seulement quelques véhicules dans une seule ville, mais il faut bien commencer. Certains pointent aussi les chiffres liés à la sécurité, avec un incident tous les 60 000 miles avec superviseur, alors que Waymo fait un peu mieux avec un tous les 98 600 miles, mais une fois encore, avec un peu plus de temps, on fait forcément mieux. Waymo a d'ailleurs déjà parcouru 125 millions de miles en mode totalement autonome.
Sans surprise, Tesla mise bien sûr tout sur la technologie Full Self-Driving qui se base uniquement sur les caméras, avec le choix assumé de n'utiliser ni lidar ni radar. C'est une approche audacieuse qui permet de réduire les coûts, mais qui fait débat et qui doit encore faire ses preuves sur le long terme.
Visuel : Reuters
Et pour la suite ?
Vous le connaissez, Elon Musk ne compte bien sûr pas s'arrêter là. Il a déjà annoncé au Forum économique de Davos vouloir étendre le FSD supervisé en Europe et en Chine dès le mois prochain. On attend donc ça avec impatience. Côté US, Tesla prévoit toujours de lancer son Robotaxi dans cinq nouvelles grandes villes : Las Vegas, Phoenix, Dallas, Houston et Miami. La production des véhicules, les Cybercabs, ces taxis sans volant prévus eux aussi pour le transport autonome, doit démarrer au mois d'avril. Le cabinet Morgan Stanley pense que 1 000 Robotaxis Tesla seront en service aux US d'ici fin 2026.
On en dit quoi ?
C'est un moment très important pour Tesla, même si on est un peu éloigné des promesses d'Elon Musk qui annonçait un gros million de Robotaxis pour 2020. Nous sommes six ans plus tard, et on a seulement une dizaine de voitures dans une seule ville. D'ailleurs le Texas a été choisi pour sa réglementation plus souple, histoire de faciliter le lancement. Mais il faudra encore être un peu patient, pour voir ces véhicules rouler sans voiture de suivi, et surtout pour voir les chiffres de sécurité s'améliorer. Face à Waymo qui roule déjà à très grande échelle, la route s'annonce difficile, mais on sait qu'Elon Musk arrive (presque) toujours à ses fins, même s'il prend un peu plus de temps que les autres.