L’extension du malus au poids sur les voitures électriques, qui était initialement envisagée pour l’été 2026, n’entrera finalement pas en vigueur. Le budget 2026 —adopté par le gouvernement via l'article 49.3 le 2 février 2026— maintient l’exonération dont bénéficient les véhicules électriques, tout du moins pour le moment.
Pas de balance pour le budget 2026
Ce revirement —remarqué par Automobile Propre— ne manquera certainement pas d'être bien accueilli, alors que cette mesure faisait partie des pistes sérieusement étudiées dans les débats budgétaires de l’automne. Jusqu’ici, le malus au poids ne concernait que les véhicules thermiques et hybrides. Les voitures électriques en étaient exclues, notamment en raison du poids structurel de leurs batteries. Mais cette exception devait —aurait du...— progressivement disparaître.
Dans les premières versions du projet de loi de finances pour 2026, le gouvernement envisageait d’intégrer les voitures électriques les plus lourdes au dispositif à compter du 1er juillet 2026, avec un seuil de déclenchement fixé autour de 2 100 kg. L’objectif affiché était de cibler principalement les SUV et grandes berlines électriques, dont la masse dépasse largement celle des véhicules compacts.
Des aménagements techniques avaient toutefois été introduits pour limiter l’impact de la mesure : abattement forfaitaire lié à la batterie, seuils spécifiques, ou encore exemptions partielles pour certains modèles jugés plus vertueux. Bref, autant d'indices laissant à penser que l’exécutif cherchait à avancer prudemment sur un sujet sensible.
Un sursis, mais pas une décision définitive
Finalement, la version définitive du budget ne reprend pas cette extension du malus. En l’état du texte adopté, les voitures électriques restent totalement exclues du malus au poids sur l’ensemble de l’année 2026, y compris les modèles les plus lourds.
Ce choix est largement interprété comme un geste en faveur du marché de l’électrique. Une taxation supplémentaire, même ciblée, aurait pu freiner les achats, notamment dans les segments premium et familiaux, où les véhicules dépassent fréquemment les seuils envisagés.
Pour autant, ce report ne signifie pas que le sujet est clos, loin de là. L’exclusion des voitures électriques du malus au poids est maintenue à titre transitoire, mais rien n’indique qu’elle le sera durablement. La question pourrait revenir dès les prochains débats budgétaires, avec des modalités ajustées ou un calendrier revu, et même, dès la rentrée prochaine pour le budget 2027.
Qu'en penser ?
Ce dossier s’inscrit dans un cadre plus large de durcissement du bonus-malus écologique. Depuis plusieurs années, les seuils de déclenchement sont abaissés et les barèmes renforcés, afin d’orienter le marché vers des véhicules plus sobres, tant en émissions qu’en ressources.
Si les voitures électriques restent, pour l’instant, protégées du malus au poids, la tendance générale va vers une réduction progressive des exemptions, à mesure que ces modèles deviennent majoritaires et que leurs caractéristiques évoluent.