Elon Musk a décidé de raconter comment les recruteurs d'Apple ont harcelé ses équipes pour alimenter le Projet Titan, la voiture électrique d'Apple qui ne verra jamais le jour. Double salaire sans entretien, débauchage massif de cadres clés : à en croire le patron de Tesla, la guerre des talents a pris des proportions folles.
Un tapis de bombes selon Musk
Lors d'un long podcast avec Dwarkesh Patel et John Collison, le cofondateur de Stripe, Elon Musk est revenu sur cet épisode avec son sens habituel de la dramaturgie. Selon lui, Apple a déployé un "tapis de bombes" de recrutement sur ses ingénieurs. Les recruteurs de Cupertino appelaient en boucle, au point que certains auraient fini par débrancher leur téléphone. Les propos restent à nuancer, Musk adore se poser en victime, ça fait partie du personnage, mais on peut quand même globalement le croire.
L'offre de départ, toujours à en croire Musk, avait de quoi faire tourner les têtes : le double du salaire chez Tesla, sans même passer un entretien d'embauche. Le tableau est presque trop beau pour être pris au pied de la lettre, mais le fond de l'histoire, lui, est bien réel.
Le Projet Titan et ses recrues de luxe
En fait, les départs d'ingénieurs sont parfaitement documentés. Doug Field, qui avait bossé cinq ans sur la Model 3, a bien traversé la rue pour rejoindre Cupertino. Chris Porritt, vice-président chez Tesla et ancien ingénieur en chef chez Aston Martin, a suivi aussi. CJ Moore, directeur logiciel de l'Autopilot, et Michael Schwekutsch, responsable des systèmes d'entraînement, sont aussi des débauchages.
Souvenez-vous de ce projet Titan, une voiture électrique développée en secret qui a commencé à prendre beaucoup de place dans la stratégie d'Apple. À un moment donné, jusqu'à 5 000 personnes y travaillaient. Puis il y a deux ans, Apple a tout stoppé. Les 2 000 employés qui étaient encore en poste ont été réaffectés vers l'IA générative. D'ailleurs quand on voit le succès d'Apple Intelligence, on peut se dire que ça n'est peut-être pas un mal que l'Apple Car n'ait jamais vu le jour.
Dix ans de boulot pour rien
Elon Musk a d'ailleurs un terme assez étonnant pour décrire le phénomène : la "poussière de fée Tesla". L'idée que recruter des cadres venus de Tesla garantirait automatiquement le succès d'un projet automobile. Il reconnaît quand même être tombé dans le même piège en recrutant chez Google et Apple. Du coup, la leçon vaut pour tout le monde : un ingénieur brillant dans un contexte donné ne reproduit pas forcément sa magie ailleurs.
On en dit quoi ?
Cette histoire montre bien ce qui se passe quand une entreprise, même aussi riche qu'Apple, essaie d'acheter une expertise plutôt que de la construire en interne. Doubler les salaires et vider les équipes d'un concurrent, ça ne suffit pas forcément à fabriquer une voiture. Quoi qu'il en soit, le récit de Musk tient la route, et il en dit long sur les difficultés d'innovation d'Apple désormais.