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Les voitures chinoises gagnent (un peu) de terrain en Europe

Par Vincent Lautier - Publié le

En décembre 2025, une voiture sur dix vendue en Europe portait un logo chinois. Pourtant, seuls 8 % des Français se disent prêts à sauter le pas. Interfaces mal traduites, assistances à la conduite capricieuses et promesses d'autonomie rarement tenues : malgré des prix attractifs, les constructeurs chinois ont encore pas mal de chemin à faire pour convaincre les automobilistes européens.

Les voitures chinoises gagnent (un peu) de terrain en Europe


Des ventes en hausse, mais une confiance limitée



208 000 véhicules chinois se sont écoulés en Europe sur les quatre premiers mois de 2025, soit 80 % de plus que l'année précédente. BYD, MG, Xpeng, Chery... les marques chinoises représentent désormais 6 % du marché annuel européen, contre 4,5 % en 2024. Au Royaume-Uni, le Jaecoo 7 s'est même hissé à la deuxième place des ventes en janvier. Mais en France, c'est plus compliqué. Avec 3,4 % de parts de marché, l'Hexagone reste l'un des pays les plus réfractaires. Seuls 8 % des Français envisagent d'acheter chinois (contre 16 % en Allemagne et 19 % en Espagne), le problème est donc assez profond chez nous.

Les voitures chinoises gagnent (un peu) de terrain en Europe


Des ergonomies parfois complexes



Le souci est parfois l'habitacle. Prenez la BYD Seal avec cet exemple relayé il y a quelques mois par l'ami Eric Dupin sur Automobile-Propre : pour désactiver la fonction de maintien dans la voie (qui s'active toute seule à chaque démarrage), il faut neuf clics sur l'écran tactile. La dernière mise à jour a même déplacé l'option dans un autre menu, histoire de tout compliquer. Côté traduction, BYD confond "autonomie" et "gamme" dans ses menus, traduction littérale du mot anglais "range". Certains messages d'erreur sont parfois difficiles à comprendre aussi. Les aides à la conduite posent elles aussi des soucis : freinages d'urgence pour un rien, alertes sans raison, corrections de trajectoire parfois trop nerveuses. Et puis les coffres sont aussi souvent trop petits, en comparaison avec les gabarits des voitures européennes.

Les voitures chinoises gagnent (un peu) de terrain en Europe


Des promesses pas toujours au rendez-vous



L'autre gros souci, c'est l'écart entre le discours marketing et la réalité du terrain. Plusieurs constructeurs chinois ont annoncé des batteries capables de dépasser les 1 000 km d'autonomie et des recharges ultra-rapides. Sauf que dans la vraie vie, les modèles commercialisés plafonnent toujours entre 350 et 450 km. Ajoutez les taxes européennes, entre 30 et 45 % sur les modèles importés, et l'avantage tarifaire qui faisait tout l'intérêt de ces voitures fond assez vite.



On en dit quoi ?



On ne va pas se mentir, les constructeurs chinois progressent quand même vite. Sauf que le marché français est exigeant, et si vous êtes du genre à vouloir un menu en français correct et des assistances qui ne freinent pas pour un pigeon, un prix attractif ne suffira pas. BYD, MG et les autres ont les moyens de corriger le tir, ça ne fait aucun doute. Mais il y a encore pas mal de boulot à faire, d'autant plus que nous avons en France un marché local dynamique sur nos propres marques, avec des modèles comme la R5 qui se vendent très bien, et qui répondent à la plupart des usages. De quoi limiter un peu la déferlante chinoise sur notre territoire.