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Nissan aussi anticipe 3,6 milliards de perte et fait machine arrière sur le tout-électrique

Par Vincent Lautier - Publié le

Nissan vient de publier ses prévisions pour l'exercice 2025-2026, et les chiffres sont douloureux : 3,6 milliards d'euros de perte nette attendus, soit 650 milliards de yens. Le constructeur japonais, pionnier de la voiture électrique avec la Leaf, change de cap et mise désormais sur l'hybride à court terme.

Nissan aussi anticipe 3,6 milliards de perte et fait machine arrière sur le tout-électrique


Des pertes qui s'accumulent



L'exercice 2024-2025 s'était déjà soldé par 4,1 milliards d'euros de perte nette. Pour l'année en cours, Nissan table sur 3,6 milliards, un montant deux fois plus élevé que ce qu'anticipaient les analystes. Seul point positif : la perte opérationnelle a été revue à la baisse, passant de 1,5 milliard d'euros initialement prévu à 330 millions, grâce aux premières mesures d'économie. Le troisième trimestre a même affiché un bénéfice opérationnel de 17,5 milliards de yens, un premier signal encourageant après cinq trimestres dans le rouge.

Nissan aussi anticipe 3,6 milliards de perte et fait machine arrière sur le tout-électrique


L'hybride plutôt que le tout-électrique



Sous la direction de son nouveau patron Ivan Espinosa, Nissan réoriente donc sa stratégie vers l'hybride et l'hybride rechargeable plutôt que de continuer à investir massivement dans le 100 % électrique. Même la Leaf remise à jour n'a pas réussi à intégrer le top 20 des ventes électriques en France l'an dernier. Les raisons de ce changement de cap sont multiples : assouplissement des réglementations sur les émissions en Europe et aux États-Unis, hausse des droits de douane américains, et une demande qui est toujours un peu tiède pour le tout-électrique sur plusieurs marchés. Nissan assure quand même maintenir ses ambitions électriques sur le long terme, mais à court terme, c'est l'hybride qui va devenir une priorité.

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20 000 postes et 7 usines en moins



Le plan de restructuration baptisé "Re:Nissan" est toujours en cours. Le constructeur prévoit de supprimer 20 000 postes dans le monde d'ici la fin de l'exercice 2027, et de passer de 17 usines à 10. L'objectif d'économies est fixé à 1,37 milliard d'euros, et Nissan affirme avoir déjà réalisé plus de 80 milliards de yens d'économies sur les coûts fixes au premier semestre. Côté produits, le constructeur prépare un SUV à prolongateur d'autonomie fabriqué en Chine, et un pickup hybride rechargeable pour l'Europe.

On en dit quoi ?



Nissan, c'était LE constructeur qui a popularisé la voiture électrique avec la Leaf dès 2010, et j'en sais quelque chose, puisque j'ai eu l'occasion de bosser pour la marque à la grande époque de la Leaf, quand elle était encore incontournable sur le marché de l'électrique. Quinze ans plus tard, la marque fait machine arrière et mise sur l'hybride pour survivre. Le plan Re:Nissan est brutal mais visiblement nécessaire vu l'ampleur des pertes.