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Crise chez Stellantis : pertes historiques et changement de cap !

Par Laurence - Publié le

Ce matin, le groupe automobile Stellantis a publié ses résultats financiers pour l’exercice 2025, marqués par une forte dégradation des comptes, mais aussi par les premiers signes d’un redressement amorcé au second semestre.

Stellantis Résultats


Un chiffre d’affaires en léger recul, une perte nette historique



En 2025, Stellantis a réalisé un chiffre d’affaires net de 153,5 milliards d’euros, en baisse de 2 % par rapport à 2024. Ce recul s’explique principalement par des effets de change défavorables et par une baisse des prix nets au premier semestre, partiellement compensées par une amélioration des volumes et du mix produits en fin d’année.

Le groupe affiche en revanche une perte nette de 22,3 milliards d’euros, conséquence directe de charges exceptionnelles de 25,4 milliards d’euros enregistrées sur l’exercice. Ces éléments non récurrents reflètent un changement stratégique profond, destiné à repositionner l’offre du constructeur autour des attentes réelles des clients et de l’évolution des cadres réglementaires.

Crise chez Stellantis : pertes historiques et changement de cap !


Sur le plan opérationnel, Stellantis enregistre une perte opérationnelle courante ajustée de 842 millions d’euros, avec une marge négative de 0,5 %, contre une marge de 5,5 % un an plus tôt. Le free cash-flow industriel ressort également négatif à –4,5 milliards d’euros, même si ce chiffre s’améliore sensiblement par rapport à 2024.

Face à cette situation, le conseil d’administration a décidé de suspendre le dividende 2026 et a autorisé l’émission d’obligations hybrides pour un montant pouvant atteindre 5 milliards d’euros, afin de préserver la solidité du bilan. À fin 2025, Stellantis disposait toutefois de 46 milliards d’euros de liquidités industrielles, offrant une marge de manœuvre financière importante.

Un net redressement au second semestre



Si l’exercice 2025 dans son ensemble reste très dégradé, la dynamique du second semestre apparaît nettement plus encourageante. Sous l’impulsion de la nouvelle équipe de direction, Stellantis a renoué avec la croissance du chiffre d’affaires, en hausse de 10 % sur un an au second semestre.

Les facturations consolidées ont atteint 2,8 millions de véhicules, soit une progression de 11 %, avec une croissance observée dans toutes les régions. L’Amérique du Nord a été le principal moteur, affichant une hausse spectaculaire de 39 % des volumes, portée par la normalisation des stocks et une reprise de la dynamique commerciale.

Le cash-flow industriel du second semestre, toujours négatif à –1,5 milliard d’euros, s’améliore toutefois de 50 % par rapport au premier semestre et de 73 % par rapport au second semestre 2024.

Crise chez Stellantis : pertes historiques et changement de cap !


Un « reset » stratégique assumé



Le 6 février 2026, Stellantis a officiellement annoncé un « reset » majeur de ses activités, à l’origine de charges estimées à 22,2 milliards d’euros, dont environ 6,5 milliards de sorties de trésorerie étalées sur quatre ans. Cette remise à plat concerne notamment : le plan produits et la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques, afin de mieux coller à la demande réelle.

A cela s'ajoutent une révision des provisions pour garanties et des charges liées aux réductions d’effectifs, principalement en Europe. Selon le groupe, ce reset doit également permettre d’accélérer la prise de décision au niveau régional et d’améliorer les relations avec les concessionnaires, fournisseurs et partenaires sociaux.



Qu'en penser ?



Après une année 2024 compliquée, marquée par un net ralentissement de l’activité au second semestre et le départ de son ancien directeur général Carlos Tavares, le groupe automobile avait néanmoins réussi à afficher un bénéfice net de 5,5 milliards d’euros. Mais cette performance n’a toutefois pas suffi à masquer les déséquilibres stratégiques accumulés ces dernières années.

Dans un communiqué, Antonio Filosa, nommé à la tête du groupe en mai dernier, reconnaît que les résultats de 2025 traduisent le prix d’une anticipation excessive du rythme de la transition énergétique. Pour lui, cette situation impose désormais un profond réajustement stratégique afin de redonner toute sa place au choix du consommateur, au sein d’une offre plus équilibrée mêlant véhicules électriques, hybrides et motorisations thermiques. Le dirigeant souligne toutefois l’apparition de signaux encourageants au cours du second semestre, notamment grâce aux efforts engagés sur la qualité et au lancement d’une nouvelle génération de modèles, qui ont permis un retour progressif de la croissance du chiffre d’affaires.



Ce changement de cap se traduit concrètement sur les marchés clés. Aux États-Unis, Stellantis tourne le dos à une stratégie centrée exclusivement sur l’électrique pour remettre en avant les hybrides, tout en relançant des moteurs thermiques V8 toujours très prisés par la clientèle américaine. En Europe, le mouvement est similaire, avec le retour de motorisations diesel sur plusieurs modèles qui en étaient dépourvus depuis longtemps.

Un revirement d’ampleur, révélateur du coût élevé de la transition électrique et du ralentissement des ventes de véhicules à batteries. Le groupe a d’ailleurs averti que les conséquences financières de cette phase d’ajustement se chiffreront en milliards d’euros.