Actualité

Auto

Le prix de l'essence va monter en France, et ça risque de piquer

Par Vincent Lautier - Publié le

Les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran ont provoqué la fermeture quasi totale du détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial. Le baril de Brent a bondi de 13 % lundi et dépasse les 80 dollars. Les économistes anticipent une hausse de 7 à 10 centimes par litre à la pompe d'ici deux semaines. Et si le conflit dure, ça pourrait aller bien plus loin.

Le prix de l'essence va monter en France, et ça risque de piquer


Le détroit d'Ormuz à l'arrêt



Les frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran ce week-end ont immédiatement paralysé le trafic dans le détroit d'Ormuz, ce passage entre l'Iran et les Émirats arabes unis par lequel transitent 20 % du pétrole consommé dans le monde et un cinquième du gaz naturel liquéfié mondial. Après l'attaque de trois navires dimanche, l'Organisation maritime internationale a demandé aux compagnies d'éviter la zone et les principales d'entre elles ont suspendu leurs traversées. Une cinquantaine de navires français sont toujours bloqués dans le Golfe. Le trafic est quasiment à l'arrêt.

Le prix de l'essence va monter en France, et ça risque de piquer


7 à 10 centimes de plus par litre



Le baril de Brent a bondi de 13 % lundi pour dépasser les 80 dollars, et le gaz européen a pris 20 %. Pour les automobilistes français, la mécanique est connue : une hausse de dix dollars du baril se traduit par 7 à 10 centimes de plus par litre à la pompe, avec un délai d'environ deux semaines. Si le baril atteint les 100 dollars, on parle plutôt d'une vingtaine de centimes supplémentaires et d'un gazole qui pourrait franchir les 2 euros le litre. La dernière fois qu'on en était là, c'était en 2022 avec la guerre en Ukraine, et ça avait déclenché des mois d'inflation. L'État avait sorti des ristournes à la pompe, mais la situation budgétaire actuelle laisse peu de marge pour refaire la même chose.

Trump, la TVA et les jerricans



Côté réponse politique, Donald Trump a annoncé que la marine américaine escorterait les pétroliers dans le détroit et que les États-Unis fourniraient une assurance aux navires. Les cours ont d'ailleurs légèrement reculé après cette annonce, mais la marine américaine a précisé qu'elle n'avait pas les moyens d'assurer ces escortes dans l'immédiat. En France, l'association 40 millions d'automobilistes demande un passage de la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 %, le taux réservé aux produits de première nécessité. L'OPEP+ a de son côté annoncé une hausse de ses quotas de 206 000 barils par jour, mais rapporté aux 20 millions de barils qui transitent chaque jour par Ormuz en temps normal, c'est anecdotique. Et en Provence, des automobilistes ont déjà commencé à débarquer en station avec des jerricans dans le coffre, alors qu'il n'y a aucun problème d'approvisionnement pour le moment.

Pas besoin de jerrican pour faire le plein ici
Pas besoin de jerrican pour faire le plein ici


On en dit quoi ?



On a quand même en tête les pleins à 100 euros de 2022 et personne n'a envie de revivre ça. La France est un peu moins dépendante du pétrole du Moyen-Orient qu'avant et les réserves stratégiques permettent de tenir quelques semaines. Mais l'État a visiblement beaucoup moins de marge qu'il y a quatre ans pour sortir des ristournes, vu l'état des finances publiques. Goldman Sachs estime que les marchés parient sur une perturbation de quatre semaines, et si c'est plus long, la facture va être lourde, et pas que pour l'essence. Le raccourci est forcément facile, mais je ne vous cache pas que dans ce genre de situation, je suis content de rouler en électrique !