Douze batteries récupérées sur d'anciennes Nissan Leaf alimentent désormais des bornes de recharge ultra-rapide au port de Vigo, en Espagne. Le système de stockage, baptisé Green Charge Flex, permet de proposer de la charge jusqu'à 240 kW sans raccordement lourd au réseau électrique. Le projet pilote, cofinancé par l'Union européenne, vient de démarrer et durera au moins un an.
Une seconde vie pour les batteries
C'est la société espagnole Little Electric Energy qui est derrière le projet. Elle a récupéré douze batteries de 30 kWh issues de Nissan Leaf de première génération, celles qui sont sur le marché depuis 2015, pour les assembler dans un système de stockage stationnaire de 360 kWh au total. Le principe est assez simple : les batteries se rechargent lentement sur le réseau local, puis restituent leur énergie d'un coup quand un véhicule se branche sur une borne. Ça permet de proposer de la charge ultra-rapide à 240 kW en courant continu, et aussi de la charge AC à 22 kW, le tout avec des connecteurs CCS2, CCS1 et CHAdeMO. Le tout sans tirer une ligne électrique monstrueuse jusqu'au port.
Pourquoi un port ?
Les ports et les zones industrielles ont souvent un réseau électrique qui n'est pas dimensionné pour de la recharge rapide. Installer une borne à 240 kW dans ce type d'endroit demande normalement des travaux de raccordement importants et coûteux. Avec ce système de stockage tampon, on contourne le problème : la batterie absorbe l'énergie disponible en continu et la redistribue en pic quand il le faut. Galp, le pétrolier portugais qui gère les bornes sur place, a visiblement flairé l'intérêt du dispositif. Le projet est cofinancé par l'Union européenne et l'agence nationale de l'énergie espagnole.
Un dispositif équivalent en Italie
Ce n'est pas la première fois
Nissan avait déjà fait le coup l'an dernier à l'aéroport de Rome Fiumicino, avec 84 batteries de Leaf reconverties pour alimenter des bornes de recharge. Le constructeur pousse beaucoup sur la réutilisation de ses batteries en fin de vie automobile, et le port de Vigo est donc le deuxième site pilote du genre en Europe. Le système Green Charge Flex est présenté comme une solution plug-and-play, ce qui veut dire qu'il peut être déployé assez rapidement sur d'autres sites sans gros travaux d'infrastructure.
On en dit quoi ?
C'est le genre de projet qui a du sens. Plutôt que de laisser des batteries de Leaf finir à la casse alors qu'elles ont encore de la capacité, autant les utiliser pour résoudre un vrai problème d'infrastructure. Les 360 kWh de stockage ne vont pas changer la face du monde, mais pour un port ou une zone industrielle mal raccordée, c'est une solution qui a du sens. On attend quand même de voir les résultats après un an de fonctionnement, histoire de savoir si ces batteries tiennent le rythme en charge-décharge intensive.