Le constructeur automobile allemand est en discussion avec le groupe israélien Rafael pour convertir son usine d'Osnabrueck en site de production de composants pour le système de défense antimissile Iron Dome. L'usine, qui emploie 2 300 personnes, est menacée de fermeture. La production pourrait démarrer d'ici 12 à 18 mois, si les employés acceptent ce virage quelque peu inattendu.
Des voitures aux lanceurs de missiles
L'usine Volkswagen d'Osnabrueck, en Basse-Saxe, doit arrêter la production automobile l'année prochaine. Plutôt que de fermer le site, Volkswagen discute avec Rafael Advanced Defense Systems, le fabricant israélien du système Iron Dome, pour reconvertir l'usine. L'objectif est de produire des composants pour le bouclier antimissile : des camions lourds qui transportent les missiles, des unités de lancement et des générateurs d'énergie. Pas les missiles eux-mêmes, Rafael prévoit une usine séparée en Allemagne pour ça.
Le groupe veut sauver les 2 300 emplois du site, et même envisager une croissance des effectifs si le projet se concrétise. La transition nécessiterait peu d'investissements supplémentaires, et la production pourrait commencer dans un délai de 12 à 18 mois, à condition que les employés acceptent de passer de l'automobile à l'armement.
L'Allemagne mise gros sur la défense
Le contexte est assez clair. L'Allemagne prévoit de dépenser plus de 500 milliards d'euros pour la défense d'ici la fin de la décennie, et la défense aérienne est l'une des priorités. Le gouvernement allemand soutient le projet. Pour Volkswagen, c'est aussi un moyen de compenser la baisse des marges dans l'automobile, entre la concurrence chinoise et les difficultés de la transition électrique.
Volkswagen n'est d'ailleurs pas totalement étranger au secteur militaire. Le groupe produit déjà des camions militaires via une coentreprise entre MAN et Rheinmetall. Et historiquement, le constructeur a fabriqué des véhicules militaires et des bombes volantes V1 pendant la Seconde Guerre mondiale, un passé qui rend cette annonce encore plus chargée de symboles, je vous passe les détails.
Un virage qui fait parler
La perspective de voir une usine Volkswagen produire des composants pour un système de défense israélien ne passe pas inaperçue. Le projet a provoqué des réactions, entre ceux qui y voient une solution pragmatique pour sauver des emplois industriels et ceux qui questionnent la dimension éthique de cette reconversion. Les employés auront le dernier mot, puisque le projet ne peut avancer sans leur accord.
On en dit quoi ?
On est quand même sur un virage assez inattendu : Volkswagen, le constructeur de la Golf, qui fabrique des composants pour un bouclier antimissile. Les temps changent. On comprend la logique industrielle, sauver 2 300 emplois dans un contexte où l'automobile européenne souffre, c'est difficile à critiquer. On serait de toutes manières mal placés pour juger en France, puisque Renault est aussi en train de glisser vers les sujets militaires, via la fabrication de drones.