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Opération Zones interdites : l'offensive contre le retour en douce des ZFE

Par Vincent Lautier - Publié le

Les ZFE ont été supprimées en janvier par le Parlement, mais le gouvernement prépare déjà leur retour via un amendement glissé dans la loi de simplification économique. L'association 40 millions d'automobilistes riposte avec l'opération Zones interdites pour recueillir les témoignages des Français pris au piège. Alexandre Jardin et son « mouvement des Gueux » sont en renfort.

Opération Zones interdites : l'offensive contre le retour en douce des ZFE


Une suppression votée, un retour programmé



Le 20 janvier 2026, la commission mixte paritaire avait trouvé un accord pour rayer les ZFE du texte de loi. Fin de partie, pensait-on. Sauf que voilà, quelques mois plus tard, le gouvernement sort de son chapeau un amendement déposé dans le cadre de la loi de simplification économique. L'idée est de ressusciter ces zones en les rendant facultatives, laissées au bon vouloir des collectivités. Une manière de contourner le vote parlementaire qui avait acté leur disparition. Plusieurs juristes parlent déjà de cavalier législatif susceptible d'être censuré par le Conseil constitutionnel. Et pendant ce temps, Paris et Lyon ont déjà annoncé qu'elles garderaient leur dispositif, quelle que soit la décision nationale.

Opération Zones interdites : l'offensive contre le retour en douce des ZFE


L'opération Zones interdites



Face à ce coup de force, l'association 40 millions d'automobilistes a lancé sa contre-attaque. Le principe est simple : inviter chaque automobiliste concerné à envoyer son témoignage (vidéo, message vocal ou SMS) à Pierre Chasseray, délégué général de l'association. L'objectif est de documenter concrètement l'impact des ZFE sur la vie quotidienne : un artisan qui ne peut plus livrer son client, un infirmier de nuit banni du centre-ville, un retraité coincé avec son vieux diesel.

Chasseray ne mâche pas ses mots et parle de déclaration de guerre aux automobilistes. Alexandre Jardin, figure du mouvement des Gueux, renchérit : quand les représentants disent que ça ne marche pas, on arrête. Le collectif vient justement de manifester à Paris et à Lyon début avril.

Opération Zones interdites : l'offensive contre le retour en douce des ZFE


78% des Français contre



Côté chiffres, un sondage Ifop publié en 2025 a mesuré l'opposition à 78% chez les Français. La pétition déposée sur la plateforme de l'Assemblée nationale continue de gonfler les compteurs. Le Parlement, dans ses deux chambres, a tranché en janvier dans le sens de la suppression. Malgré ça, l'exécutif pousse son amendement et fait le pari de la discrétion. Pour les opposants, c'est un passage en force qui ignore à la fois le vote des élus et l'avis des citoyens. Pour rappel, les 42 métropoles françaises de plus de 150 000 habitants ont dû mettre en place une ZFE depuis le 1er janvier 2025, avec l'interdiction des véhicules immatriculés avant 1997. À Paris, les Crit'Air 3 sont déjà bannis depuis la même date.

On en dit quoi ?



On a du mal à suivre la logique du gouvernement sur ce dossier. Les représentants élus votent la suppression, les sondages montrent un rejet massif, et pourtant l'amendement revient par la petite porte d'un texte technique. On comprend bien sûr la volonté écologique qui motive le dispositif, et on ne va clairement pas vous dire qu'en tant que rouleurs électriques, on s'opposerait aux dispositifs favorables aux voitures plus propres. Le problème, c'est que les ZFE frappent surtout ceux qui n'ont pas les moyens de changer de voiture. Un pompier volontaire qui bosse la nuit ou une aide à domicile en Crit'Air 3, ils font quoi au juste ? Et puis le vrai problème dans tout ça, c'est qu'à force d'avoir une attitude ambiguë sur la question, les français se mettent à être encore plus méfiant qu'ils ne l'étaient vis à vis de l'électrifications du parc automobile. Plutôt que de tout faire discrètement, sans consulter qui que ce soit, le gouvernement ferait mieux de faire preuve de pédagogie auprès des automobilistes.