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Neuf ans après l'annonce du Tesla Semi, sa production de masse arrive

Par Vincent Lautier - Publié le

Neuf ans après son annonce par Elon Musk, le Tesla Semi a enfin franchi le cap de la production de masse à la Gigafactory du Nevada. Le poids lourd électrique de Classe 8 avait pourtant une mise en production initialement prévue pour 2019. L'usine du Nevada vise désormais une capacité de 50 000 unités par an, avec deux versions affichées à 260 000 et 290 000 dollars selon l'autonomie.

Neuf ans après l'annonce du Tesla Semi, sa production de masse arrive


Neuf ans d'attente



Tesla avait dévoilé le Semi en 2017 avec une promesse de mise en production rapide. La date a glissé à 2020, puis 2021, puis 2022, avant qu'une poignée d'unités ne soit finalement livrée à PepsiCo fin 2022. Ces premiers exemplaires sortaient d'une ligne pilote, en assemblage quasiment manuel. Trois ans plus tard, environ une centaine de Semi ont roulé sur les routes américaines pour cumuler 13,5 millions de miles selon Tesla. La marque en a profité pour alléger le camion de près de 450 kilos, et lui donner une allure plus proche du Model Y.



Deux versions, un tarif agressif sur le segment



La gamme se découpe en deux. Une version Standard Range qui offre 523 km d'autonomie à pleine charge (37 tonnes), facturée environ 260 000 dollars. Et une Long Range qui grimpe à 805 km pour 290 000 dollars. Les deux partagent un tri-moteur de 800 kW pour 1 072 chevaux, et acceptent la recharge ultra-rapide MCS à 1,2 mégawatt. De quoi récupérer 60% d'autonomie en environ 30 minutes, pile la durée d'une pause obligatoire pour les chauffeurs. Tesla affiche une consommation d'environ 1,1 kWh par km, ce qui placerait la batterie de la Long Range autour de 875 kWh. À ce niveau de prix, le Semi devient le poids lourd électrique de Classe 8 le moins cher du marché.

Une concurrence prise à contre-pied en Californie



Côté rivaux, Daimler avec son Freightliner eCascadia et Volvo livrent déjà des camions électriques, mais à des tarifs supérieurs et des autonomies plus courtes. Volvo est le leader mondial avec plusieurs milliers d'unités sur les routes. Nikola, qui se positionnait frontalement face à Tesla, a fait faillite. En Californie, Tesla a raflé 965 demandes sur 1 067 dans le programme Clean Truck & Bus Voucher entre janvier 2025 et février 2026. Daimler, PACCAR et Volvo cumulés en récoltent moins de 100. L'usine de Sparks profite aussi d'une intégration verticale rare, avec les cellules 4680 produites sur le même site. Ce qui évite à Tesla d'arbitrer ses batteries entre voitures particulières et camions, comme cela a été le cas pendant des années.

On en dit quoi ?



C'est un moment important pour Tesla, même si on reste un peu éloigné des promesses initiales d'Elon Musk qui visait une production en 2019. Neuf ans après le dévoilement, le Semi arrive enfin sur une vraie chaîne, dans une usine taillée pour 50 000 unités annuelles. Les analystes évoquent de 5 000 à 15 000 livraisons en 2026, et c'est probablement encore un peu optimiste.

Neuf ans après l'annonce du Tesla Semi, sa production de masse arrive


La vraie question, c'est de savoir si Tesla parviendra à tenir le rythme sur l'instalaltion des chargeurs sur la route, parce que sans réseau de recharge dimensionné, vendre des Semi à des flottes va vite devenir compliqué, mais la marque a déjà en tête 66 implantations à venir sur 15 états différents. Si le constructeur tient la cadence, le Semi pourrait faire à la classe 8 ce que la Model 3 a fait aux berlines familiales. Pour l'international, Tesla reste pour l'instant focalisé sur les États-Unis et le Canada, sans calendrier pour une arrivée en Europe, où le Semi devra de toute façon être adapté aux gabarits réglementaires bien plus stricts par chez nous.