Actualité

Auto

Mais pourquoi Tesla renomme le FSD en Chine ?

Par Vincent Lautier - Publié le

Sur son site chinois, Tesla a discrètement renommé son fameux Full Self-Driving en Tesla Assisted Driving, soit aide à la conduite Tesla. Un changement imposé par des régulateurs chinois beaucoup plus stricts que leurs homologues américains sur la terminologie de la conduite autonome. Et accessoirement, un nom qui reflète enfin ce que la technologie sait vraiment faire.

Mais pourquoi Tesla renomme le FSD en Chine ?


Un changement de nom subtil



Depuis ce week-end, le site chinois de Tesla affiche partout Tesla Assisted Driving à la place du logo FSD. Le tarif, lui, ne bouge pas : environ 64 000 yuans, soit autour de 8 700 euros. Le timing n'a rien d'un hasard, Tesla vient à peine de lancer son FSD Supervised en Chine, après des années de blocage. Les régulateurs locaux interdisent depuis longtemps aux constructeurs de vendre un système de niveau 2 sous un nom qui suggère la conduite autonome. Pour Tesla, c'est même le deuxième rétropédalage en un an : en mars 2025, la marque avait déjà retiré les lettres FSD du nom chinois. Petit détail amusant, Hong Kong reste pour l'instant à l'écart, le site local continue d'afficher Full Self-Driving.

Visuel : electrek.co
Visuel : electrek.co


Toujours du niveau 2



Sous le nouveau nom, la technologie, elle, n'a pas changé. Le FSD reste un système de niveau 2 sur la grille SAE, autrement dit une aide à la conduite avancée où le conducteur doit garder les mains sur le volant et rester maître du véhicule. Aux États-Unis, les régulateurs californiens avaient déjà forcé Tesla à ajouter la mention (Supervised) et à passer en abonnement, pour éviter une nouvelle vague de plaintes pour publicité mensongère. La Chine va un cran plus loin en exigeant que le nom commercial lui-même ne laisse plus aucune ambiguïté. La version vraiment autonome, celle que Musk promet depuis dix ans, ne tourne pour l'instant que sur la flotte de robotaxis testée au Texas.

Mais pourquoi Tesla renomme le FSD en Chine ?


Les Chinois ont une longueur d'avance



Le plus rigolo dans l'affaire, c'est que le FSD débarque en Chine au moment où les concurrents locaux sont passés à la vitesse supérieure. En décembre 2025, le ministère chinois de l'Industrie a délivré ses premières homologations de niveau 3 à Changan et BAIC, soit deux niveaux au-dessus de ce que propose Tesla. À ce niveau, le conducteur peut lâcher le volant dans certaines conditions précises, ce que le FSD ne sait toujours pas faire. BYD, Xpeng et les autres acteurs locaux proposent aussi des systèmes d'aide à la conduite très complets, parfois inclus dans le prix de la voiture. Autant dire que le ticket de 8 700 euros pour la version Tesla risque d'avoir du mal à séduire par là bas.



On en dit quoi ?



Le nouveau nom a au moins le mérite de la franchise. Pour beaucoup, et pendant des années, Tesla a vendu son FSD avec une étiquette qui promettait beaucoup plus que ce que le système faisait vraiment, et il aura fallu les régulateurs chinois pour mettre fin à l'ambiguïté. La marque garde évidemment Full Self-Driving partout ailleurs, et Musk continue de promettre la conduite totalement autonome pour l'an prochain, comme tous les ans depuis dix ans. Sauf que pendant qu'on réécrit les pages produit en Chine, les vraies voitures de niveau 3 roulent déjà chez la concurrence.