Tesla vient de décrocher un brevet pour un minuscule essuie-glace qui nettoie l'objectif de ses caméras dès qu'elles se salissent. Sur le papier, de quoi régler enfin le cauchemar des conducteurs en conduite autonome, ces alertes incessantes de caméra obstruée à la moindre averse.
Un essuie-glace qui imite la paupière
Le brevet, accordé le 26 mai, décrit un système baptisé Lens Cleaning System. Au lieu d'un balai plat comme sur un pare-brise, Tesla loge une petite lame qui épouse la courbe de l'objectif sphérique, exactement comme une paupière qui nettoie l'œil. Et surtout, le dispositif ne lave pas à intervalles réguliers, il surveille en continu la qualité de l'image renvoyée par la caméra et ne déclenche le balayage que lorsqu'il détecte un voile, de la boue, de la neige ou des gouttes. Selon les conditions, il envoie de l'eau, de l'alcool ou du lave-glace. Le mécanisme est intégré directement autour de la caméra, assez compact pour ne rien changer à son emplacement actuel.
Une caméra sale, c'est un angle mort
Le souci que veut corriger ce brevet, tout propriétaire de Tesla le connaît par cœur. Depuis que la marque a retiré le radar puis les capteurs à ultrasons pour ne miser que sur les caméras, le moindre objectif encrassé devient un problème. Une caméra bouchée, c'est un œil en moins. L'hiver, sous la pluie ou dans la poussière, les alertes "une ou plusieurs caméras sont obstruées" peuvent arriver, et le FSD, le système de conduite autonome supervisée de Tesla, se dégrade ou s'arrête net. Dans une voiture vraiment autonome, sans conducteur pour donner un coup de chiffon, ça devient carrément bloquant. Tesla a bien ajouté un nettoyage des caméras avant sur la dernière Model Y avec la version 14 du FSD, mais les caméras latérales et arrière, elles, restent à nu.
Ce que les robotaxis ont et pas votre voiture
C'est là que ça coince. Les robotaxis que Tesla fait rouler à Austin disposent déjà de laveurs de caméra, au point que le clignotant répétiteur sur l'aile a cédé sa place à un gicleur. Les Model Y vendues au public n'ont rien de tout ça, et ce n'est même pas installable après coup. Or Tesla répète que ses robotaxis sont exactement les mêmes Model Y que celles des clients, pour faire espérer une autonomie ouverte un jour à toute sa flotte. L'écart de matériel raconte une autre histoire. Ce nouveau brevet, plus élégant que les gicleurs externes actuels, pourrait surtout servir au Cybercab, le robotaxi sans volant déjà en production. Arrivera-t-il sur les voitures des particuliers ? Qui vivra verra.
On en dit quoi ?
Un brevet n'est pas une voiture, et Tesla en dépose des dizaines pour pas grand chose, comme Apple d'ailleurs. Mais le message est gênant, parce que si nettoyer les caméras est jugé indispensable pour faire rouler un robotaxi sans chauffeur, ça l'est tout autant pour n'importe quelle voiture lancée en FSD. Garder la vraie solution matérielle pour sa flotte maison pendant que les clients se coltinent les alertes, ça fait quand même un peu désordre.