La Belgique vient d'autoriser le Full Self-Driving supervisé de Tesla, ce 10 juin. Cinquième pays européen à valider le système en deux mois, après les Pays-Bas, la Lituanie, l'Estonie et le Danemark. La marque dégaine ses chiffres néerlandais pour rassurer, sauf que le conducteur reste bien aux commandes. La France, elle, n'a toujours rien signé.
Cinq pays européens en deux mois
C'est allé très vite, vraiment. Le 10 juin, Annick De Ridder, la ministre flamande de la Mobilité, a signé l'autorisation avant de la renvoyer à son administration pour les dernières formalités. La Belgique devient au passage le treizième pays au monde à valider le FSD, et le cinquième en Europe. Tout est parti des Pays-Bas, dont l'autorité RDW avait délivré la première homologation européenne dès le 10 avril. Ensuite, ça s'est emballé : la Lituanie en mai, l'Estonie dans la foulée, puis le Danemark tout juste la veille de la Belgique. Un point revient quand même dans chaque texte officiel, et il a son importance. Le FSD reste un dispositif de niveau 2. Vous gardez les mains sur le volant, et en cas de pépin, c'est toujours vous le responsable.
Des chiffres pour rassurer les régulateurs
Pour convaincre les administrations, Tesla a posé ses statistiques néerlandaises sur la table, celles compilées entre le 10 avril et le 5 juin. Sur 23,6 millions de kilomètres parcourus, dont 16,6 millions avalés sur autoroute, la marque revendique 3,5 fois moins de collisions qu'avec un conducteur humain au volant. Le freinage d'urgence automatique, lui, se déclencherait près de quinze fois moins souvent. Même chose, ou presque, pour les accélérations brutales et les coups de frein secs, divisés par sept à neuf selon les cas. Le bilan a de quoi séduire un régulateur pressé. Sauf que ces chiffres sortent de chez Tesla, forcément, et qu'ils décrivent un système toujours supervisé, pas une voiture qui roule seule pendant que vous regardez ailleurs.
Bruxelles garde la main
L'approbation belge n'est pas un chèque en blanc, loin de là. Les autorités gardent un droit de regard sur le déploiement et un canal de discussion permanent avec Tesla, aussi bien sur la localisation que sur le comportement du système sur les routes du pays. D'ailleurs, la dernière étape administrative repasse encore par la RDW néerlandaise, devenue le guichet d'entrée de toute l'Europe. Et la France, dans ce calendrier ? Elle planche toujours sur le dossier, comme l'Italie, l'Espagne, la Grèce et l'Irlande. Tesla espère au moins huit pays de l'Union d'ici décembre, mais côté français, rien n'est calé.
On en dit quoi ?
Le rythme a quand même de quoi surprendre. En deux mois, Tesla a fait sauter cinq verrous nationaux, là où l'Europe traîne plutôt des pieds sur ce genre de dossier. Les chiffres néerlandais sont bons, vraiment, mais ils sortent de chez le constructeur, sur un système que la marque continue de vendre comme « supervisé », donc avec un humain prêt à reprendre le volant à la moindre alerte. On est encore loin du robotaxi promis depuis des années. Et pendant que le conducteur belge pourra bientôt enclencher le FSD sur l'autoroute entre Bruxelles et Anvers, le Français, lui, devra se contenter du bon vieil Autopilot. Reste à savoir si on aura le FSD en France avant ou après Siri AI.