En Allemagne, comme en France, le FSD n'est pas autorisé sur la voie publique. Pourtant, Tesla a déjà engrangé l'équivalent de 150 000 kilomètres de roulage autonome au volant de sa Model Y. Le secret ? C'est dans son usine européenne que la marque exploite une zone d'entraînement grandeur nature, à l'abri du regard des vilains régulateurs.
Merci la propriété privée
Depuis octobre 2025, chaque voiture qui sort du Light Tunnel, l'étape finale d'inspection qualité de Tesla, parcourt seule le chemin jusqu'au parc de stockage extérieur. Pas de chauffeur à bord, juste le FSD activé. Et comme l'usine est sur un terrain privé, le code de la route allemand ne s'y applique pas. Tesla peut donc faire tourner sa technologie sans demander l'autorisation à qui que ce soit.
150 000 km parcourus
Le trajet n'est pas une ligne droite. Les Model Y doivent gérer toute la circulation interne, se faufiler entre les autres véhicules, marquer un arrêt au Supercharger pour une pré-charge avant livraison, puis se garer toutes seules. En tout, on parle de 93 000 miles, soit environ 150 000 km. Giga Berlin est du coup la troisième usine Tesla à appliquer cette méthode, après Giga Texas et Fremont. Le rythme suit d'ailleurs la cadence de production : près de 4 700 véhicules par semaine au premier trimestre 2026, avec une hausse de 20 % programmée et 1 000 embauches en perspective.
Un terrain de jeu idéal
Le contexte est bien sûr contrôlé. Voies très larges, trafic prévisible, peu de piétons, conditions stables : difficile de faire plus simple comme environnement autonome. Mais Tesla y gagne sur plusieurs tableaux. La marque économise les salaires d'opérateurs chargés de déplacer les véhicules, et alimente surtout son système avec des millions de cas concrets. Chaque manoeuvre est une donnée d'entraînement en plus. La question, c'est de savoir si ces kilomètres parcourus dans une bulle protégée auront de la valeur le jour où le FSD voudra affronter une rue de Berlin un vendredi soir.
On en dit quoi ?
C'est rigolo de voir Tesla trouver la faille réglementaire et s'y engouffrer comme ça l'air de rien. Officiellement, le FSD n'a pas le droit de citer en Allemagne, et pourtant la marque accumule des kilomètres autonomes par milliers sur ses terres. Légalement, rien à redire, l'usine est bien privée. Mais on imagine bien que les régulateurs européens regarder ça avec un certain agacement, surtout quand Tesla pourra ensuite arguer d'une expérience terrain pour pousser l'homologation.