Remettre de l'argent sur la table pour rendre l'électrique accessible, c'est exactement ce que fait l'État en ce moment, et le pari est assumé. Entre un leasing social reconduit sous la barre des 200 euros par mois, un bonus qui peut désormais grimper jusqu'à 9 500 euros et toute une vague de petites voitures pensées pour être produites en France, l'objectif tient en une seule ligne : faire passer le ticket d'entrée d'une électrique neuve sous les 15 000 euros d'ici 2027-2028.
Le leasing social rempile, en plus costaud
Le dispositif a été reconduit, toujours calé autour de 200 euros par mois pour les foyers modestes, mais cette fois l'État voit carrément double puisqu'il prévoit deux enveloppes de 50 000 voitures chacune, l'une réservée aux ménages les plus modestes et l'autre pensée pour les classes moyennes qui avalent beaucoup de kilomètres au quotidien. Sébastien Lecornu a d'ailleurs cité nommément les aides à domicile, les infirmières, les aides-soignantes et les artisans, ce qui dit assez bien le profil visé. Et la demande est là, aucun doute. En 2024, alors que l'État tablait sur 25 000 dossiers, il en a finalement signé le double, soit 50 000.
Un bonus qui récompense le made in Europe
Le calcul c'est adapté, et c'est pas mal complexifié pour faire un peu de chauvinisme. Fini le chèque unique de 7 000 euros versé à tous : l'aide grimpe maintenant par paliers selon l'origine de la mécanique, ce qui donne 6 500 euros pour une voiture simplement bien notée, 7 000 si le moteur est européen, 9 000 si c'est la batterie qui l'est, et la totale, à savoir jusqu'à 9 500 euros quand le moteur et la batterie sont tous les deux assemblés en Europe. Ajoutez à ça le bonus écologique, qui peut atteindre 4 200 euros pour un foyer modeste, et vous comprenez vite que l'addition finale fond à vue d'œil. Côté conditions, rien de neuf, il faut rester sous le plafond de revenu fiscal habituel, c'est à dire, en gros moins de 2 200 euros par mois.
Plus de petites françaises
Tout ça ne vaudrait pas grand-chose sans des voitures réellement abordables à mettre en face des aides, et c'est précisément là que Renault a débarqué, vous le savez, avec sa nouvelle Twingo électrique sous les 20 000 euros, épaulée par les R5 et R4, pendant que Dacia prépare de son côté une Spring de deuxième génération attendue pour 2027. Dans le même mouvement, l'État affiche ses objectifs industriels sans détour, avec 400 000 véhicules électriques produits sur le sol français dès 2027 et un million visé en 2030. Aujourd'hui déjà, un tiers des voitures du leasing social sortent d'usines françaises. Et c'est en empilant le bonus sur ces modèles que le prix réellement payé peut effectivement plonger sous les 15 000 euros.
On en dit quoi ?
Sur le papier, c'est plutôt malin. L'État arrête de subventionner des électriques fabriquées à l'autre bout du monde et réoriente l'argent vers les usines d'ici, tout en rendant la facture digeste pour celles et ceux qui en ont le plus besoin, ce qui est difficile à reprocher. Le hic, c'est que l'enveloppe globale doit passer de 5,5 à 10 milliards d'euros par an d'ici 2030, et on connaît tous l'état des finances publiques. Et puis ce fameux « moins de 15 000 euros » reste un prix après aides, jamais un prix affiché sur l'étiquette, si bien que le jour où un gouvernement décide de fermer le robinet, la jolie électrique populaire reprend instantanément quelques milliers d'euros.