Les taxis sans chauffeur de Google se rapprochent de nos routes. Waymo a immatriculé fin juin une filiale française, Waymo France SARL, domiciliée rue La Boétie à Paris. L'Allemagne et l'Espagne ont eu droit au même traitement à quelques jours d'intervalle. De quoi imaginer de premiers véhicules en circulation dès 2027, si la législation suit.
Une SARL bien réelle, avec un vrai numéro SIREN
C'est le site spécialisé The Road to Autonomy qui a repéré la manoeuvre : en moins de deux semaines courant juin, la filiale d'Alphabet, maison mère de Google, a déposé trois structures en Europe, Waymo Iberia SL pour l'Espagne, Waymo Germany GmbH à Munich pour l'Allemagne, et donc Waymo France SARL, une société au capital de 100 000 euros installée au 95 rue La Boétie, dans le 8e arrondissement de Paris. La raison sociale annonce la couleur puisqu'il évoque des services de transport à la demande à l'aide de véhicules autonomes. Interrogée, l'entreprise n'a pour le moment rien commenté. Mais on ne crée pas trois sociétés en deux semaines pour rien.
Londres essuiera les plâtres
Le calendrier européen de Waymo commence par le Royaume-Uni, où une centaine de Jaguar I-Pace électriques équipées de ses capteurs circulent déjà dans les rues de Londres depuis le printemps, avec un lancement commercial annoncé pour la rentrée 2026. Aux États-Unis, Waymo aligne des centaines de milliers de courses payantes par semaine entre Phoenix, San Francisco, Los Angeles, Austin et Atlanta. Le fossé avec l'Europe fait presque mal d'ailleurs.
Pas avant 2027, et encore
Le verrou réglementaire commence justement à sauter. L'ONU vient d'accoucher d'un cadre mondial sur la conduite autonome, avec la bénédiction de Bruxelles, et le droit français permet déjà de faire rouler du niveau 4 sur des itinéraires balisés. Mais bon, il ne faut pas espérer croiser une Waymo avant 2027, et elle aura au début un humain derrière le volant, chargé de cartographier les rues et d'engranger de la donnée locale pendant de longs mois. Pour payer une course sans personne à l'avant, il faudra en plus de ça des véhicules homologués, des assureurs qui acceptent de suivre et une réponse claire sur qui paie quand la tôle se froisse. Autant dire quelques moins ou années de paperasse.
On en dit quoi ?
Renault avait déjà signé avec l'américain en 2019 pour des navettes entre Roissy et La Défense, la région Île-de-France promettait 100 millions d'euros d'aménagements en vue des Jeux de Paris. Personne ne les a jamais vues rouler. Cette fois il y a un SIREN, des statuts et une adresse dans le 8e, du concret. Le plus dur commence maintenant : convaincre Bruxelles, rassurer les assureurs et affronter des taxis parisiens qui vont sans aucun doute tout brûler dès que le premier taxi autonome va commencer à rouler par chez nous. Souvenez-vous des premiers VTC...