Waymo a prévenu Uber qu'il lancerait sa propre application à Austin et Atlanta en janvier 2028, en parallèle des courses déjà proposées par la plateforme. L'action Uber a perdu plus de 4 % dans la journée. Sauf que le contrat ne s'arrête pas là, et l'opération arrange peut-être les deux camps un peu plus qu'il n'y paraît.
Ce qui a vraiment été annoncé
Depuis trois ans, les robotaxis de Waymo n'étaient réservables que par l'application Uber dans ces deux villes. Un porte-parole d'Uber a confirmé avoir été prévenu du lancement de l'application Waymo en janvier 2028, en parallèle du déploiement existant. Côté Waymo, on explique que les utilisateurs ont besoin de choix dans la manière dont ils utilisent cette technologie. Le Financial Times est allé plus loin le même jour en rapportant des discussions internes sur une séparation pure et simple, sur fond de tensions entre les deux entreprises, y compris sur des positions réglementaires divergentes selon les marchés américains.
Des centaines de voitures restent chez Uber
Le contrat court jusqu'en mai 2028 et des centaines de robotaxis Waymo resteront réservables dans l'application Uber jusque-là. La fin de l'exclusivité libère surtout Uber, qui pourra enfin proposer d'autres véhicules autonomes à Austin et Atlanta. La plateforme s'y prépare depuis un moment avec des engagements d'achat auprès de Waabi, Wayve, Nuro et Rivian, dès que leurs voitures seront validées pour rouler sans superviseur à bord. Tesla et Zoox, la filiale d'Amazon, ont déjà leur propre application de leur côté.
Waymo n'a plus vraiment besoin d'intermédiaire
La société tourne aujourd'hui dans une dizaine de villes américaines et dépasse le demi-million de courses payantes par semaine, sans exclusivité ailleurs. Elle avait déjà signé avec Lyft à Nashville sans la moindre clause de ce genre, et sa levée de 16 milliards de dollars en février, à une valorisation de 126 milliards, lui donne largement les moyens de se passer de vitrine. Londres et Tokyo sont au programme de l'expansion internationale. Aucune ville française n'y figure.
On en dit quoi ?
La lecture boursière est un peu courte. Uber récupère le droit d'accueillir Tesla, Zoox et les autres dans deux villes où il était pieds et poings liés, ce qui ne ressemble pas vraiment à une punition. Le vrai perdant de l'histoire, c'est plutôt le chauffeur d'Austin, qui va voir débarquer deux flottes sans conducteur au lieu d'une seule. Et pendant ce temps-là, en France, on en est toujours à discuter du droit d'en faire rouler quelques-unes pour voir.