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Mercedes reconnaît avoir trop misé sur le tactile, mais ses écrans vont continuer de grossir

Par Vincent Lautier - Publié le

Ola Källenius, patron de Mercedes-Benz depuis 2019, a reconnu dans une récente interview relayée par Autocar, que l'industrie était sans doute allée un peu trop loin en faisant disparaître les commandes physiques. Il annonce le retour des boutons les plus utiles dans ses habitacles. Pour les dalles géantes, par contre, il n'est question de rien réduire du tout.

Mercedes reconnaît avoir trop misé sur le tactile, mais ses écrans vont continuer de grossir


Au plus bas côté boutons



La formule du dirigeant vaut le détour. Interrogé sur un éventuel pic des écrans dans l'automobile, il répond qu'il ignore si ce sommet est atteint, mais qu'en matière de boutons, le plancher est là. Difficile de résumer plus honnêtement dix ans de dérive ergonomique.

Il assume aussi le fond du problème. Il arrive qu'on se laisse emporter et qu'on fasse de la technologie pour le plaisir de la technologie, en oubliant un peu le client, explique-t-il, avant d'annoncer que la marque va désormais réintroduire les boutons qui ont du sens. Le tout entrecoupé d'une confidence sur l'interface maison, sur laquelle il passe des heures chaque année avec ses ingénieurs, avec cette blague en interne qu'elle doit rester assez simple pour qu'un enfant de cinq ans ou un membre du conseil d'administration puisse s'en servir.

Mercedes reconnaît avoir trop misé sur le tactile, mais ses écrans vont continuer de grossir


Ce qui revient, et ce qui ne bougera pas



Le mouvement a déjà commencé sur la CLA. La berline était sortie avec des pavés tactiles sur le volant pour gérer le régulateur de vitesse et le volume, deux commandes qu'on manipule à l'aveugle en roulant. Les derniers exemplaires produits sont revenus à de bonnes vieilles molettes. La ventilation et les aides à la conduite devraient suivre.

Les écrans, eux, ne perdront pas un centimètre. C'est Mercedes qui a lancé cette course avec l'EQS de 2021 et son option Hyperscreen, trois dalles alignées derrière un même plateau de verre, un dispositif que la concurrence s'est empressée de copier. Supprimer des boutons coûte moins cher à produire qu'en installer, et cet argument-là n'a pas disparu.



Euro NCAP a rendu ce mea culpa moins spontané



Le calendrier mérite qu'on s'y arrête. Depuis cette année, décrocher cinq étoiles au protocole Euro NCAP suppose de proposer des commandes physiques distinctes pour cinq fonctions de base, à savoir les clignotants, les feux de détresse, l'avertisseur sonore, les essuie-glaces et l'appel d'urgence. Les organismes de test se sont appuyés sur des travaux montrant que le tactile mobilise davantage l'attention et détourne le regard de la route. Volkswagen avait déjà annoncé son retour aux commandes en dur.

On en dit quoi ?



Reconnaître publiquement une erreur d'ergonomie, ça se salue, et la CLA prouve que la marque agit plutôt que de commenter. Le hasard du calendrier reste quand même amusant. Ce revirement arrive pile au moment où l'absence de boutons commence à coûter des étoiles Euro NCAP, ce qui enlève un peu de sa noblesse à l'exercice. Et il faut lire la déclaration jusqu'au bout : personne ne promet de rendre l'écran plus petit, seulement d'ajouter des boutons autour. Un habitacle avec des dalles géantes et des molettes, c'est peut-être ça, la vraie réponse.