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Le marché auto chinois s'étouffe et se rabat sur l'export

Par Vincent Lautier - Publié le

Les ventes de voitures ont reculé en Chine pendant dix mois d'affilée, avec 8,7 millions de voitures particulières écoulées au premier semestre, soit 20 % de moins qu'un an plus tôt. BYD y a perdu près de la moitié de ses immatriculations. Les constructeurs, qui ont lancé 576 modèles en six mois, n'ont plus qu'une porte de sortie, et c'est l'export, donc vous et moi.

Le marché auto chinois s'étouffe et se rabat sur l'export


Dix mois de baisse d'affilée



A Pékin, la concession Zeekr n'a plus assez de place pour garer ses nouveautés, et les vendeurs empilent les cadeaux sur la version haut de gamme du SUV 9X à 58 000 euros, avec du crédit à 0 % sur cinq ans, une prime à la reprise, des jantes de 20 pouces et même un iPhone 17 Pro Max offert. Entre janvier et juin, 8,7 millions de voitures particulières ont trouvé preneur en Chine, 20 % de moins qu'au premier semestre 2025, et juillet a signé le dixième mois de recul consécutif. Les voitures à essence ont chuté de 27 %, les électriques et hybrides dépassent désormais 60 % des ventes, mais ça ne sauve pas BYD, dont les immatriculations chinoises ont plongé de 46 % sur six mois.

Le marché auto chinois s'étouffe et se rabat sur l'export


Trois lancements par jour



Pékin et les provinces ont encouragé pendant des années la création de constructeurs, et ceux-ci ont lancé 576 nouveaux modèles au premier semestre, plus de trois par jour, dont certains se vendent à 20 000 exemplaires par mois et d'autres à 36. Le SUV coupé YU7 de Xiaomi, sorti en juin 2025, a été recopié presque trait pour trait par quatre concurrents, au point que la présentation en direct du Changan Qiyuan Q06 a dû être interrompue sous les protestations des spectateurs.

L'export comme seule sortie



Du coup, tout le monde regarde dehors. Les exportations de voitures particulières chinoises ont bondi de 72 % sur les six premiers mois de l'année, de 158 % pour Geely, et BYD réalise désormais 53 % de son chiffre d'affaires hors de Chine avec 792 000 voitures expédiées, à peu près autant qu'elle en a vendu chez elle. Les coentreprises étrangères suivent le mouvement, les Volkswagen assemblées avec SAIC ou FAW partent en Asie centrale et les Hyundai Sonata chinoises se retrouvent en Corée du Sud. Le gouvernement central s'inquiète quand même de voir la guerre des prix voyager avec les voitures et a publié fin août des consignes pour que ses champions ne recommencent pas la même bataille à l'étranger.

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On en dit quoi ?



Ce qu'on voit là, c'est une industrie gavée d'aides publiques pendant dix ans et qui ne sait plus quoi faire de ses usines. Cinq marques qui sortent le même SUV coupé en un an, ce n'est pas de la concurrence, c'est du gaspillage. Et le trop-plein finira forcément par chez nous, avec des prix qui feront bien plus mal à Renault ou Volkswagen que les surtaxes de Bruxelles ne les protègent.