Lors de son Tech Day organisé le 16 septembre à Hangzhou, Leapmotor a présenté sa nouvelle architecture LEAP 5.0 et une batterie CTC 3.0 capable de gérer elle-même la basse tension. La petite batterie 12V que traînent pratiquement toutes les voitures du monde disparaît donc des futurs modèles de la marque, attendus à partir de 2027. Et Stellantis est aux premières loges.
Mais c'est quoi cette CTC 3.0 ?
La CTC 3.0 High-Low Fusion est la troisième génération de la technologie cell-to-chassis maison, celle qui intègre les cellules directement dans le châssis plutôt que dans un pack séparé. La nouveauté, c'est que la haute et la basse tension utilisent désormais les mêmes cellules et les mêmes modules, avec une gestion thermique et une distribution d'énergie partagées. Leapmotor annonce sept fois plus de capacité basse tension que sur la génération précédente, de quoi alimenter tout ce qui tournait jusqu'ici sur la fameuse batterie 12V : essuie-glaces, éclairage, écrans, verrouillage et même les airbags.
Cette batterie auxiliaire, généralement au plomb, est un vestige que même les voitures électriques les plus modernes ont conservé. Elle sert de base électrique au véhicule, elle vieillit mal, et elle est responsable d'un nombre incalculable de pannes idiotes. Leapmotor affirme du coup que ses prochains modèles seront les premières voitures de sérieen plus de 70 ans à s'en passer complètement.
Zéro entretien
D'après le constructeur, le système fonctionne sans maintenance pendant toute la vie du véhicule, alors qu'une batterie 12V classique se remplace tous les quatre ou cinq ans. L'économie annoncée dépasse les 2 000 yuans par voiture, environ 240 euros. À grande échelle, la marque évoque aussi des dizaines de millions de batteries au plomb en moins chaque année, avec la pollution qui va avec. Et détail intéressant, Leapmotor prévoit d'ouvrir cette technologie aux autres constructeurs plutôt que de la garder jalousement.
LEAP 5.0, l'autre annonce
L'autre annonce du jour, l'architecture LEAP 5.0 New Mobile Space, s'attaque à l'aménagement intérieur avec une logique assez radicale puisque la climatisation devient un module tout-en-un installé avec le groupe motopropulseur à l'arrière, de quoi dégager 19 % de longueur d'habitacle supplémentaire avec 18 % de pièces et 30 % de tuyauterie en moins. Les amortisseurs passent eux à la verticale, sur des tourelles en aluminium plus compactes qui redonnent 37,5 % d'espace aux jambes à l'avant.
Ajoutez un plancher entièrement plat sous un toit rehaussé, et la hauteur sous pavillon bondit de 63,7 %, au point que Leapmotor décrit une cabine de type loft dans laquelle on tient debout. Les premiers véhicules sur cette base arriveront en 2027, à commencer par ceux d'une seconde marque attendue fin 2027, et comme Stellantis est actionnaire de Leapmotor depuis 2023 tout en pilotant la coentreprise qui distribue ses voitures en Europe, ces technologies finiront par arriver par chez nous.
On en dit quoi ?
Supprimer la batterie 12V, c'est le genre d'idée tellement évidente qu'on se demande pourquoi il a fallu attendre 2026. Le dépanneur appelé pour réveiller une électrique à 40 000 euros bloquée par une batterie au plomb à 100 euros, tout le monde connaît, et c'est franchement absurde, ça m'est d'ailleurs arrivé en vacances cet été, et ça a été l'enfer. Tout ceci sort d'une présentation très officielle, avec des chiffres impossibles à vérifier pour le moment, et il faudra patienter jusqu'en 2027 pour juger sur pièce. N'empêche que Leapmotor a livré plus de 100 000 voitures rien qu'en août, qu'elle vise le million sur l'année, et que le jour où un constructeur de ce gabarit enterre un standard vieux de 70 ans, le reste de l'industrie finit généralement par suivre. Et clairement, j'ai hâte.