Le cap est passé presque sans bruit. Sur la première quinzaine de septembre, 43 % des voitures neuves immatriculées en France étaient des électriques, un niveau jamais atteint chez nous. Cette poussée arrive juste après un mois d'août déjà record et doit beaucoup au leasing social, dont l'édition 2026 fait un carton depuis la mi-juillet. Une bascule qui s'annonçait, mais pas à cette vitesse.
Mais d'où sort ce chiffre ?
C'est le pointage d'AAA Data, repris par Les Echos, qui donne la mesure du phénomène : entre le 1er et le 15 septembre, 43 % des voitures neuves immatriculées dans l'Hexagone étaient des modèles 100 % électriques. Et ce n'est pas un accident statistique, parce qu'en août l'électrique avait déjà décroché un record avec 38 % de part de marché, 36 159 immatriculations et une progression de 113 % sur un an. Depuis janvier, on est à 322 000 voitures électriques vendues, soit 30 % du marché, alors que l'électrique plafonnait à 21 % sur l'ensemble de 2025 et végétait sous les 2 % en 2019.
Merci le leasing social
Cette flambée doit énormément à la troisième édition du leasing social, ouverte aux commandes depuis le 16 juillet avec une enveloppe de 401 millions d'euros pour financer 50 000 voitures électriques. Début septembre, 30 000 commandes étaient déjà passées, et ces livraisons tombent en ce moment même dans les statistiques d'immatriculation. L'État prend en charge jusqu'à 6 500 euros par véhicule, et même 9 500 euros quand la batterie ou le moteur sont fabriqués en Europe, avec en plus le premier loyer offert. Du coup, les petites citadines partent comme des petits pains, la Renault Twingo et la Citroën ë-C3 en tête des immatriculations d'août.
Le thermique décroche
Pendant ce temps, l'essence s'est écroulée à 12 % de part de marché en août, en chute de 40 %, et le diesel est tombé à 2 %. Les hybrides sont toujours la première motorisation du mois avec 45 %, mais elles reculent elles aussi. Même l'occasion s'y met, avec des transactions électriques en hausse de 32 % et quelque 123 000 voitures d'occasion électriques échangées au premier semestre. Et ça ne va pas se calmer : les 50 000 voitures de la toute première vague du leasing social, celle de 2024, reviendront chez les concessionnaires début 2027, de quoi enfin détendre les prix de l'occasion.
On en dit quoi ?
Ce 43 % est bien sûr dopé à la subvention, et il faut le dire : quand l'enveloppe du leasing social sera vide, sans doute d'ici quelques semaines, la part de l'électrique retombera, comme après chaque édition. Mais le fond de la tendance est bien réel, parce que même sans ce coup de pouce, on tourne à 30 % depuis janvier, un chiffre qui aurait paru complètement fou il y a cinq ans. Entre le leasing social, des citadines enfin abordables et une occasion qui va se détendre début 2027, les arguments contre l'électrique fondent les uns après les autres. La bascule n'est plus un scénario lointain, elle est en train de se faire sous nos yeux.