Avec un gazole à 2,40 euros le litre et un SP95-E10 à 2,20 euros, le plein est devenu un petit événement budgétaire. Réunis vendredi, les pays du G7 ont décidé de puiser jusqu'à 100 millions de barils de brut et de gazole dans leurs réserves stratégiques, sous la coordination de l'Agence internationale de l'énergie, pour détendre les prix dans les prochains mois.
Quatre mois pour ouvrir les vannes
C'est Emmanuel Macron qui a annoncé la décision : les stocks stratégiques de diesel et de pétrole brut seront relâchés sur quatre mois, jusqu'à fin janvier 2027 donc, avec une libération importante de gazole prévue dès les vingt premiers jours. D'après ce qui a filtré des discussions, la moitié du volume serait du gazole fourni par les Européens, l'autre moitié du brut, avec le Japon en principal contributeur. Et si ça ne suffit pas, des réserves additionnelles pourraient suivre. Le G7 veut aussi s'attaquer aux marges des raffineurs et aux coûts de transport, qui ont flambé depuis les blocages du détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20 % des hydrocarbures mondiaux.
Déjà 400 millions de barils en mars
En mars dernier, les membres de l'AIE avaient lancé une action du même genre, avec 400 millions de barils promis, dont environ 325 millions ont déjà été libérés. Ça n'a pas suffi à ramener les prix à un niveau raisonnable, et l'épisode a même tourné au bras de fer : Donald Trump menaçait il y a quelques jours de couper les exportations de carburants américains vers l'Europe pour forcer l'UE à puiser davantage dans ses stocks, alors que l'Union importe la moitié de son gazole des États-Unis. Il a fini par reculer, en expliquant que cette interdiction n'avait jamais vraiment été sur la table. On a connu des alliés plus détendus.
Et à la pompe, ça donne quoi ?
En France, le gazole s'affichait cette semaine à presque 2,40 euros le litre et le SP95-E10 à 2,15 euros selon le ministère de la Transition écologique, en baisse d'à peine un centime sur une semaine. Il faudra du temps avant que les barils débloqués arrivent dans votre réservoir, puisque le brut doit d'abord passer par la case raffinage avant de rejoindre les stations. Le gazole libéré directement par les Européens devrait agir plus vite, et c'est bien pour ça que le communiqué insiste sur les vingt premiers jours.
On en dit quoi ?
Sur le papier, 100 millions de barils, ça impressionne. Sauf que ça correspond grosso modo à un seul jour de consommation mondiale de pétrole, et l'effet sur les cours sera donc en partie psychologique. Mais bon, après les 400 millions de barils de mars, le matelas des réserves stratégiques commence quand même à fondre sérieusement. Si les prix ne plient pas d'ici janvier, il faudra trouver autre chose que les stocks de secours. Et on ne va pas se mentir, ceux qui ont fait le choix de rouler en électrique sont quand même particulièrement détendus aujourd'hui.