La France fait partie des pays finalistes pour accueillir la prochaine usine européenne de BYD. Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe chinois, l'a confirmé au Mondial de l'Auto de Paris : la marque regarde « de très près » la possibilité de produire chez nous. Rien n'est signé pour le moment, mais le message envoyé au gouvernement français est quand même assez clair.
La Hongrie d'abord
BYD n'a pourtant pas encore terminé sa première usine européenne. Le site de Szeged, en Hongrie, doit démarrer sa production fin 2026, avec environ un an de retard sur le calendrier initial, et le projet turc annoncé en 2024 avec un milliard de dollars d'investissement est en pause, sans aucune date. Ça n'empêche visiblement pas le constructeur de voir plus loin, puisque Stella Li explique que le groupe « essaiera d'avoir une deuxième et une troisième usine en Europe ». Pour la suivante, la France est donc dans la shortlist, avec un argument qui revient dans la bouche de la dirigeante : une énergie française « très compétitive » pour faire tourner des chaînes d'assemblage.
Un marché français qui décolle
Par chez nous, BYD avance vite. La marque comptait 115 points de vente cet été, appuyée sur de gros groupes de distribution comme Bymycar ou Emil Frey, et elle a immatriculé presque 14 000 voitures au premier semestre, plus du double de l'an dernier sur la même période. À l'échelle du continent, le constructeur a écoulé autour de 188 000 véhicules en 2025. Stella Li ne cache d'ailleurs pas son objectif : « Je veux que les gens en France se disent que BYD, c'est une entreprise française. » Rien que ça.
Des droits de douane à contourner
Depuis fin 2024, l'Union européenne surtaxe les voitures électriques fabriquées en Chine, et Pékin a même accepté il y a quelques jours de modérer ses exportations d'hybrides vers l'Europe. Assembler ses voitures sur place permet du coup d'échapper à ces droits de douane, tout en soignant son image d'acteur local. L'annonce arrive en plus au moment où Emmanuel Macron inaugure un Mondial de l'Auto largement consacré à la défense de l'industrie automobile européenne, et une promesse d'usine en France ne pouvait pas mieux tomber pour flatter son hôte.
On en dit quoi ?
L'opération séduction est un peu grosse, personne ne prendra BYD pour une marque française demain matin. Mais sur le fond, une usine du groupe chez nous, ce serait des emplois, des sous-traitants et un vrai ancrage industriel, exactement ce que l'Espagne ou l'Italie aimeraient aussi décrocher. Il faudra quand même intégrer le fait d'accueillir à bras ouverts le constructeur qui bouscule le plus nos marques nationales, sur leur propre terrain. On imagine bien que Renault et Stellantis feront un peu la grimace.