Depuis début septembre, les clients de BYD peuvent toucher une prime financée par EDF sur l'achat d'une voiture électrique de la marque. Une entreprise détenue à 100 % par l'État qui aide un constructeur chinois face à Renault et Stellantis, forcément, ça fait beaucoup de bruit, et la polémique est remontée jusqu'au ministre de l'Industrie.
Mais c'est quoi cette prime ?
L'affaire a éclaté le 4 septembre, quand BYD a annoncé que ses clients français profiteraient d'une prime versée par EDF au titre des certificats d'économie d'énergie, ces fameux CEE qui obligent les fournisseurs à financer la transition énergétique à hauteur de 8 milliards d'euros par an. Le contrat a en fait été signé discrètement en décembre 2025, et il couvre toute la gamme électrique du constructeur chinois, avec 365 euros pour un particulier et 555 euros pour un professionnel. Ce n'est pas grand-chose à l'échelle d'une voiture, sauf que le dispositif devait monter en puissance. À partir de 2027, les Dolphin Surf et Atto 2 produites en Hongrie auraient pu prétendre à un coup de pouce CEE dépassant les 8 000 euros.
Pourquoi ça coince ?
EDF est repassée intégralement dans le giron public lors de sa renationalisation en 2023, et voir cette maison subventionner un concurrent direct de Renault et de Stellantisa fait bondir à peu près tout le monde, de la gauche jusqu'à la droite. Le député Sacha Houlié a demandé à Bercy comment une société détenue par l'État français pouvait favoriser un industriel étranger contre ses propres constructeurs, alors que la sénatrice LR Marie-Claire Carrère-Gée parle d'un accord scandaleux et irresponsable. Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin a tranché dans le même sens : l'argent public des Européens doit d'abord soutenir la base industrielle et les emplois en Europe.
L'accord s'arrête en décembre
Sébastien Martin a donc appelé Bernard Fontana, le PDG d'EDF, pour lui demander de mettre fin à la convention. Pas de rupture immédiate quand même, histoire d'éviter un contentieux : l'accord ira jusqu'à la fin de l'année 2026 et ne sera pas reconduit. D'ici là, les acheteurs de BYD continueront donc de toucher leur prime. EDF, de son côté, rappelle que le contrat est parfaitement légal, plaide une stricte neutralité commerciale et assure avoir proposé le même genre de partenariat à Renault et Stellantis. L'énergéticien finance d'ailleurs des remises chez Volkswagen, alors qu'Engie travaille avec Kia, Renault et Stellantis. Ce type de montage est en fait devenu banal dans le secteur.
On en dit quoi ?
EDF n'a rien fait d'interdit. Le bonus écologique impose un score environnemental qui écarte de fait les voitures produites en Chine, alors que la prime CEE de base ne demande rien de tel. L'énergéticien a appliqué la règle telle qu'elle existe, et le gouvernement a découvert le problème en lisant la communication de BYD. Après honnêtement, ici la question est écologique à la base, et elle devient commerciale, c'est un peu dommage.