Le constructeur chinois Xpeng a commencé à produire en petite série les batteries à état solide conçues pour Iron, son robot humanoïde. La cellule sort donc des chaînes avant le robot lui-même, encore en phase de pré-production, avec une fabrication en grande série espérée fin 2026 et un déploiement dans les magasins courant 2027, en Chine pour commencer.
La batterie avant le robot
Gu Jie, vice-président de Xpeng, a confirmé que les batteries dédiées à Ironsortent de la chaîne de production par petits lots, une étape que le robot lui-même n'a pas encore franchie. La ligne, automatisée à plus de 80 %, tourne depuis fin septembre, et le calendrier ne traîne pas puisque la marque veut passer à la grande série avant la fin de l'année. Pour rappel, Xpeng avait présenté la nouvelle génération d'Iron lors de son Tech Day de novembre 2025, en expliquant que seule une batterie à état solide pouvait répondre à ses exigences de poids, de densité énergétique et de sécurité.
Vraiment du tout solide ?
Sur le papier, les chiffres sont plutôt chouettes, avec une cellule donnée pour environ 30 % plus légère qu'une lithium-ion classique et une capacité en hausse dans les mêmes proportions. La conception bloque aussi la propagation de l'emballement thermique, tests de perforation au clou à l'appui. Un robot qui évolue au milieu du public n'a pas le droit de prendre feu, Xpeng a donc réécrit ses standards de sécurité batterie pour l'occasion. Par contre, le mot "solide" est à prendre avec des pincettes, un rapport de septembre évoquait en effet un passage vers une chimie semi-solide, comprenez un hybride qui garde un peu d'électrolyte liquide, nettement moins compliqué à industrialiser mais aussi beaucoup moins impressionnant techniquement, et Xpeng n'a jamais tranché publiquement là-dessus.
Direction les magasins
Iron, lui, doit passer en production de masse d'ici la fin 2026, puis commencer sa carrière en 2027 dans les boutiques et les concessions du groupe en Chine, où on lui confiera l'accueil des clients et quelques présentations de produits. Xpeng évoque aussi une arrivée sur les marchés étrangers, Europe comprise, dans la seconde moitié de 2027. Aucun prix n'a filtré pour le moment, et la France n'est pas encore au programme.
On en dit quoi ?
C'est quand même un drôle de symbole quand on y pense, puisque l'industrie automobile court après la batterie solide depuis dix ans, Toyota en tête, et que la première application commerciale de Xpeng sera finalement un robot d'accueil. L'idée se défend pourtant, une batterie de robot est bien plus petite qu'un pack de voiture, elle se produit en volumes réduits et elle n'a pas à encaisser dix ans de nids-de-poule ni de recharges rapides à répétition, ce qui en fait du coup un banc d'essai idéal. Mais tant que Xpeng n'aura pas dit clairement ce qu'il y a dans cette cellule, du vrai tout solide ou du semi-solide, on gardera une petite réserve.