La Chine a réalisé un test important pour son programme lunaire habité. Le 11 février, le vaisseau Mengzhou et un prototype de la fusée Longue Marche 10 ont effectué un exercice d'éjection d'urgence en vol depuis la nouvelle base de Wenchang. La capsule et le lanceur ont tous deux été récupérés en mer, une première pour le pays qui cherche à poser des astronautes sur la Lune avant 2030.
Un test d'éjection en plein vol
Le principe est assez simple à comprendre : simuler une urgence en plein vol pour vérifier que la capsule Mengzhou peut s'éjecter de la fusée en toute sécurité. L'exercice a eu lieu au moment de la pression aérodynamique maximale, le point le plus critique d'une ascension. La capsule a reçu l'ordre d'éjection, s'est séparée du lanceur, a déployé ses parachutes et s'est posée en mer. Le prototype de la Longue Marche 10 a lui aussi été récupéré dans l'océan de manière contrôlée.
C'est la première fois que la Chine réalise ce type de test en vol pour un vaisseau habité. Et c'est aussi le premier lancement depuis le nouveau pas de tir de Wenchang, construit pour les futures missions lunaires.
Objectif Lune avant 2030
Pékin ne s'en cache pas : l'objectif est de poser deux taïkonautes sur la Lune avant la fin de la décennie. Le calendrier prévoit des vols de qualification habités vers 2028, puis une répétition générale sans équipage avec le vaisseau Mengzhou et l'atterrisseur Lanyue en 2028 ou 2029. La mission habitée arriverait en 2030.
Côté américain, le programme Artemis prend du retard. Artemis II, un simple survol lunaire sans alunissage, doit décoller courant 2026. Artemis III, la mission qui doit poser des astronautes sur le sol lunaire, ne devrait pas avoir lieu avant 2028. Les deux calendriers se rapprochent, et la course est plus serrée qu'on ne l'imagine.
Deux fusées pour une seule mission
L'architecture choisie par la Chine est intéressante. Il faudra deux lancements de Longue Marche 10 : l'un pour envoyer le vaisseau Mengzhou (le "Bateau de rêve" en chinois) avec l'équipage, l'autre pour l'atterrisseur lunaire Lanyue. Les deux modules s'amarreront en orbite lunaire, et deux astronautes passeront dans l'atterrisseur pour descendre à la surface. Un schéma qui rappelle un peu ce que faisait la NASA avec Apollo, mais adapté aux capacités actuelles de la Chine.
On en dit quoi ?
On suit le programme spatial chinois depuis un moment, et il faut admettre que ça avance très vite. Là où la NASA empile les retards sur Artemis, Pékin enchaîne les tests et coche les cases une par une. Ce test d'éjection est une étape technique, mais c'est le genre de démonstration qu'on ne peut pas rater quand on veut envoyer des humains dans l'espace. La vraie difficulté viendra après : faire atterrir un module habité sur la Lune, ce n'est pas juste une question de fusée (demandez à SpaceX et son Starship). On a hâte de voir la suite, en attendant on se refait les dernières saisons de "For All Mankind" pour rester dans l'ambiance.